Allocution d'Hardwick Simmons - Le numéro un de Nasdaq n'a jamais vu pareille déconfiture

Pour le président du conseil et chef de la direction de Nasdaq, Hardwick Simmons, l'accablement des principaux acteurs des marchés boursiers est semblable à ce que ressent un fieffé fêtard du samedi soir qui regarde les factures le dimanche matin.

«Nous avons eu un party du tonnerre samedi soir», a lancé le numéro un de la plus grande banque électronique au monde, hier, alors qu'il s'adressait à des investisseurs financiers et bancaires, notamment, à la Conférence financière internationale de Montréal. «Il faut payer le dimanche matin les excès faits le samedi soir.»

Pour illustrer la débandade des marchés boursiers, M. Simmons a donné quelques chiffres tirés du Nasdaq, où, à la fin de 1999, la capitalisation totale était de 6500 milliards $US alors qu'elle est actuellement de 2500 milliards. «Il s'agit d'une baisse de 4000 milliards, uniquement sur le Nasdaq.»

En outre, au cours de la dernière année, le nombre d'entreprises présentes sur le Nasdaq est passé de 4500 à 3800, a-t-il signalé. Pour ce qui est de la valeur des actions transigées, 60 % d'entre elles valent maintenant moins de 5 $US l'action.

Pas confiance

Comme si la situation n'était pas suffisamment noire, il a reconnu, non sans humour, que l'économie américaine n'inspirait pas tellement confiance.

Il a parlé de ces dirigeants d'entreprise qui se retrouvent à la une des journaux ou dans les bulletins de nouvelles télévisées, accusés de ne pas avoir respecté les règles du jeu et d'avoir confondu leurs affaires personnelles avec celles de leur entreprise. À cela s'ajoutent les menaces terroristes et l'abondante couverture médiatique des fraudes, fausses déclarations et autres malversations. «Les médias ne prennent aucun blâme pour nous avoir laissés nous défoncer le samedi soir. Ils rendent ainsi plus misérables encore nos dimanches matins», a-t-il lancé.

Il a une fois de plus déridé son auditoire quand il a signalé que les courtiers vivaient une période difficile. «Non seulement ils ne téléphonent pas à leurs clients, mais ils n'acceptent aucun appel de clients désireux de leur poser des questions.»

Du côté des entreprises, il n'y a guère de fusions ni d'acquisitions, a-t-il dit.

Chez Nasdaq, en attendant que la situation s'améliore, M. Simmons a indiqué qu'on apportait diverses améliorations techniques permettant de répondre plus rapidement aux commandes de vente ou d'achat. «Bien des gens qui transigent sur le marché des actions aujourd'hui ne cherchent pas nécessairement le meilleur prix possible, mais veulent que l'exécution d'achat se fasse le plus rapidement possible», a-t-il mentionné.