Nouvelle vague de compressions - JDS Uniphase licenciera 1000 employés

JDS Uniphase doit une nouvelle fois recourir au couperet. L'entreprise d'Ottawa réagit ainsi à un autre recul de ses ventes de composants optiques, pour un septième trimestre consécutif, et ce sans amélioration en vue. Les coupes devraient atteindre près de 13 % de son personnel restant. Au total, l'hémorragie aura emporté les trois quarts des effectifs de cette entreprise, jadis parmi les plus gros employeurs d'Ottawa.

Il est estimé que la nouvelle vague de compressions enclenchée hier par JDS touchera quelque 1000 personnes, soit un effectif ramené de 9000 à 8000 employés depuis juillet, pour des économies annuelles estimées à 130 millions $US.

À son apogée en 2000, le fabricant de fibre optique employait 29 000 personnes, dont environ le tiers (ou 10 000) à Ottawa. Quant au nombre d'usines, il a été réduit de moitié, passant de 41 à 20 dans l'intervalle. Ce nombre devrait passer à huit emplacements, avec un déplacement de la production vers des centres moins coûteux comme la Chine. Les détails relatifs aux nouvelles coupes — leur nombre et leur endroit — n'ont pas été précisés hier. Selon la rumeur rapportée par le National Post en début de semaine, le nombre d'emplois dans la capitale fédérale devrait passer de 1700 à moins de 400, JDS ne devant y retenir que son personnel affecté à la recherche et au développement.

L'entreprise, qui partage son siège social entre Ottawa et San Jose (Californie), pâtit toujours d'un manque de commandes. Après avoir vu Nortel, il y a deux ans, accaparer 10 % de son chiffre d'affaires, elle a annoncé hier une réduction de sa perte, qui atteignait 521 millions, ou 37 ¢US l'action, au premier trimestre terminé le 30 septembre. À pareille date l'an dernier, cette perte se chiffrait à 1,2 milliard, ou à 93 ¢US l'action. En excluant les éléments non récurrents, la perte s'élève à 98 millions, ou 7 ¢US l'action, conformément aux attentes des analystes. La perte hors éléments exceptionnels a été de 260 millions, ou 20 ¢US l'action, au trimestre correspondant l'an dernier.

L'entreprise a longtemps pensé qu'elle pouvait aspirer atteindre le seuil de rentabilité avec une structure de coûts ramenée au niveau de ventes trimestrielles de 350 millions. Or, la morosité est telle que le chiffre d'affaires réel n'est plus que la moitié de ce niveau visé. En fait, les revenus du trimestre ont reculé de 41 %, passant de 329 millions à 193 millions.

Recul prévu

Pour le deuxième trimestre, JDS prévoit une perte nette pro forma d'entre 5 ¢ et 7 ¢US l'action, en excluant les frais de restructuration, et des ventes entre 150 millions et 160 millions, en recul pour un huitième trimestre consécutif.

JDS ne cesse de rajuster son tir afin de s'adapter à la forte baisse de la demande de ses produits. Ses grands clients comme Lucent et Nortel alimentaient il y a quelques années la croissance explosive de ses activités.

À l'instar des autres équipementiers, JDS a acheté le gros de sa croissance par le jeu des acquisitions payées en plein gonflement de la bulle technologique, alors que les prix atteignaient la stratosphère. Le principal élément de cette croissance «aux stéroïdes» a été la fusion, survenue à la fin des années 1990, entre JDS Fitel, d'Ottawa, et Uniphase, de San Jose. Le retour sur terre s'est traduit par une radiation de 44,8 milliards, forçant JDS à inscrire une perte de 50,6 milliards au terme de son exercice 2001. Il s'agissait de la plus importante perte dans l'histoire corporative canadienne.

N'eût été de cette radiation, JDS aurait terminé cet exercice avec un bénéfice net de 67 millions, ou de 6 ¢US l'action.

Avec Reuters