Dans un Montréal fusionné - La CCMM prévoit étendre son influence politique

La Chambre de commerce du Montréal métropolitain entend profiter des fusions municipales pour étendre son influence politique. Les nouveaux venus à la direction promettent ainsi à leurs membres de mettre plus que leur grain de sel dans les projets de développement économique de la région.

«Il y a une nouvelle ville et un nouveau maire. Il y a eu un vacuum. Il y a une belle fenêtre pour s'accaparer le rôle d'influenceur», soutient Jacques Parisien, président et chef de la direction chez Astral Radio. Celui-ci avait convié des membres de la presse écrite quelques heures avant qu'on ne confirme sa nomination au poste de président du conseil de la CCMM. «Nous ne voulons pas commenter les décisions mais influencer la prise de décision.»

Pour assurer cet objectif, la chambre s'est dotée d'un président permanent. «Nous serons de plus en plus un organisme représentatif sur une base régionale, précise Benoît Labonté. On va offrir des services adaptés à la communauté d'affaires. On veut être présents. On veut être crédibles dans la population. On veut être influents auprès des décideurs politiques.»

La chambre existe depuis 181 ans et compte environ 7000 membres. De ce nombre, 86 % vivent sur l'île de Montréal. La nouvelle direction compte doubler le membership d'ici cinq ans. De même, on veut augmenter la portion de gens provenant de la couronne métropolitaine de 14 à 20 % d'ici trois ans. «D'ici dix à quinze ans, le rôle des agglomérations urbaines dans le monde va prendre de l'ampleur. La joute va se jouer à l'international, entre les villes-régions», croit M. Labonté.

Le développement du réseau routier, la modernisation des aéroports et la construction de nouveaux hôpitaux universitaires font partie des préoccupations de la chambre. «Pendant qu'on perd du temps à débuter la construction des centres hospitaliers, des entreprises de biotechnologie, des professeurs d'université et des chercheurs regardent ailleurs. Il faut faire quelque chose rapidement», croit Jacques Parisien. «Montréal ne manque pas de potentiel. Montréal manque d'esprit de décision», renchérit Benoît Labonté.

Dès cet automne, le regroupement promet de soumettre à la Ville de Montréal des pistes de solution pour augmenter sa capacité financière tout en évitant d'imposer une nouvelle taxe. «Ce n'est pas normal que 65 % de ses revenus proviennent de la taxe foncière, ajoute Benoît Labonté. Il faut trouver une façon d'augmenter les recettes. Nous avons des suggestions novatrices et facilement applicables. Et tous les gouvernements sont potentiellement impliqués.»

Avec ces objectifs ambitieux en tête, la CCMM reconnaît qu'elle devra laisser de côté les activités qui ne servent pas à les atteindre. C'est le cas de Stationnement de Montréal. «Il est clair que dans notre réflexion stratégique, cette filiale n'a plus sa place, indique Jacques Parisien. Nous avons des discussions avec la Ville et il va certainement se passer quelque chose dans un avenir rapproché.»

De plus, le regroupement entend consolider ses filiales, comme l'Institut du commerce électronique et le World Trade Center Montréal, afin de reprendre le contrôle des services offerts aux membres. La chambre compte également augmenter et faire connaître ses services dans le milieu des affaires, et ce, dans toute la région.