Les prix du pétrole se stabilisent

New York — Les prix du pétrole se sont stabilisés hier, sur un marché tiraillé entre l'abondance de l'offre mondiale et l'éventualité de voir l'OPEP réduire sa production pour soutenir les cours.

Sur le New York Mercantile Exchange (Nymex), le baril de light sweet crude pour livraison en novembre a pris 15 ¢US pour clôturer à 62,91 $US, après être tombé en séance jusqu'à 61,45 $US.

Deux pays membres de l'OPEP, le Venezuela et le Nigeria, ont décidé de réduire leur production de pétrole à partir de dimanche face au net repli des cours. «Ce sont des réductions volontaires, ce ne sont pas des réductions faites par l'organisation en tant qu'entité», a tenu à souligner le porte-parole, confirmant par là qu'aucune décision, formelle ou même informelle, n'avait été prise par l'OPEP.

Cette annonce a quelque peu soutenu les cours, selon Scan Lusk, courtier chez Alaron Trading, qui citait cependant des facteurs essentiellement techniques pour expliquer le léger rebond d'hier. «Le marché reste fondamentalement haussier et je crois qu'il n'y a pas grand monde qui veut être à court de pétrole avant le week-end», a-t-il indiqué.

«Bien que le Nigeria ait annoncé sa décision de réduire sa production, le marché n'a pas entendu de confirmations similaires de l'Arabie Saoudite ou du Koweït», a pour sa part remarqué John Kilduff. La réduction de 170 000 barils représente seulement 3,6 % de la production cumulée du Nigeria et du Venezuela. L'OPEP a affiché en août une production cumulée effective de 29,8 millions de barils par jour.

Ainsi, la décision des deux pays membres de l'OPEP reste une mesure toutefois limitée dans son ampleur et donc à l'impact incertain sur les marchés.

«Le Venezuela a officiellement informé l'OPEP qu'il allait réduire volontairement sa production de 50 000 barils par jour à partir du 1er octobre», a indiqué à l'AFP le porte-parole du cartel Tarek Amin. Cela représente 2 % de la production du pays de Hugo Chavez.

«Le Nigeria réduira sa production de 5 %, c'est-à-dire d'environ 120 000 barils par jour», a-t-il ajouté. Aucune décision, formelle ou informelle, n'a été prise entre les membres de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole pour réduire la production de brut du cartel. Le Venezuela et le Nigeria ont décidé individuellement d'abaisser le niveau de leur offre pour tenter d'enrayer la récente chute de 20 % du prix du baril par rapport à ses pics de l'été.

À ce stade les neuf autres pays du cartel ne sont donc pas associés à la démarche. Du coup, les marchés pétroliers ne paraissaient guère impressionnés hier.

«Sur les six derniers mois, la production mondiale de pétrole a dépassé la demande d'environ 1,7 million de barils par jour et les réserves ont augmenté de quelque 310 millions de barils», estime Bart Melek, analyste chez BMO Nesbitt Burns.

Il reste que l'OPEP, en exprimant son inquiétude à plusieurs reprises cette semaine quant au repli des prix, et en menant des consultations internes sur la marche à suivre, a réussi à freiner le mouvement de baisse. Et fait savoir qu'elle ne resterait pas éternellement les bras croisés.

«La récente chute des cours est une préoccupation partagée», a ainsi déclaré le président de l'OPEP et ministre nigérian du pétrole, Edmund Daukoru, au journal nigérian This Day paru hier, précisant que «les consultations se poursuivent» entre les représentants des 11 pays membres.

«Quelque chose doit être fait pour stabiliser les cours du pétrole», a-t-il ajouté.

Pour le moment, aucune réunion extraordinaire du cartel n'est prévue avant celle déjà planifiée en décembre au Nigeria. Mais la situation pourrait changer si le prix du baril devait passer nettement au-dessus de 60 $.

«Les indicateurs techniques [comme le niveau des stocks, NDLR] demeurent faibles, donc l'OPEP doit agir vite si elle veut convaincre le marché qu'elle entend sérieusement défendre un prix plancher légèrement au-dessus de 60 $US, ainsi que l'ont signalé plusieurs de ses membres les plus éminents», prévient Kevin Norrish, analyste de Barclays.