Le Québec n'aime pas la pub sur Internet, mais...

Les publicités proposées dans les moteurs de recherche et les liens textes sont mieux perçues par les internautes.
Photo: Agence France-Presse (photo) Les publicités proposées dans les moteurs de recherche et les liens textes sont mieux perçues par les internautes.

Bien que les Québécois affirment être peu intéressés par la publicité sur Internet, les revenus provenant de celle-ci sont en forte croissance.

En fait, 93 % des internautes rapportent accorder peu d'attention à la publicité sur Internet, selon un sondage NetPub réalisé auprès de 2500 répondants, dévoilé hier en conférence de presse par le CEFRIO et Impact Recherche.

Seulement 7 % des internautes adultes interrogés rapportent cliquer sur la publicité qu'ils voient sur Internet (6 % à l'occasion et 1 % souvent).

Les «pop-up», ces fenêtres de publicité qui apparaissent spontanément à l'écran, sont particulièrement détestées par les internautes, confirme-t-on dans l'enquête.

Toutes les publicités ne sont pas également honnies. Par exemple, les messages à caractère informatif et plus discrets rebutent moins les utilisateurs.

De même, les publicités proposées dans les moteurs de recherche et les liens textes sont mieux perçues par les internautes, a souligné Éric Lacroix, directeur Enquête et veille stratégique au CEFRIO.

Malgré ce regard critique des Québécois face à la publicité sur Internet, celle-ci semble atteindre en partie sa cible, puisque ses revenus sont en croissance.

Au Québec, les revenus sont ainsi passés de 350 000 $ en 1996 à 124 millions en 2005 — et 562 millions au Canada.

M. Lacroix souligne que la publicité sur Internet est jugée plus efficace auprès de certaines catégories d'utilisateurs, soit ceux qui achètent déjà par Internet, les hommes, les internautes plus jeunes, les anglophones, les internautes plus scolarisés et ceux qui déclarent un revenu plus élevé.

Luc Dupont, professeur au département de communications à l'Université d'Ottawa, a précisé que la publicité sur Internet représente 3 % de l'ensemble de la publicité, en dollars. La proportion est de 10 % aux États-Unis. Toutefois, la croissance de la publicité sur Internet est beaucoup plus rapide, a-t-il noté.

Les internautes québécois préfèrent acheter au Québec ou au Canada lorsqu'ils achètent par Internet. M. Lacroix avance cette explication: ils veulent ainsi «bénéficier du service après vente et des délais de livraison plus courts».

Dans des groupes de discussion, les internautes québécois ont rapporté dans une proportion de 37 % avoir réalisé des achats par Internet estimés à moins de 100 $ au cours des trois derniers mois. Aussi, 40 % avaient dépensé entre 100 $ et 500 $ au cours des trois derniers mois et 13 % entre 500 $ et 1000 $.

Le CEFRIO est un centre de liaison et de transfert qui regroupe 160 membres universitaires, industriels et gouvernementaux et 60 chercheurs associés et invités. Il vise à soutenir les organisations par l'utilisation des technologies de l'information. Ses activités sont financées en majeure partie par ses membres et par le gouvernement du Québec.