Aérospatiale - Un projet s'installe à Plattsburgh, faute de soutien de Québec

La région de Plattsburgh, dans l'État de New York, a raflé un projet d'usine aérospatiale de 60 millions $US qui aurait créé 760 emplois à Mirabel et possiblement 1500 à long terme, si l'appui du gouvernement du Québec avait été au rendez-vous.

Le journal Les Affaires rapporte que Laurentian Aerospace MRO Services, une entreprise montréalaise de surcroît, a essuyé deux refus de soutien gouvernemental en 2003 pour son projet d'usine d'entretien d'aéronefs gros porteurs civils.

Ainsi, Investissement Québec aurait d'abord refusé une garantie de prêt de 30 millions, estimant que le plan d'affaires n'était pas assez précis. Puis, toujours en 2003, l'entreprise n'aurait pu obtenir un crédit d'impôt relié à une implantation dans la Zone de commerce international de Mirabel parce que la demande avait été faite après le 13 juin, date d'abolition de la Zone.

Or, en mai dernier, des représentants américains ont été mis au courant de ce projet lors d'une rencontre de l'industrie aérospatiale à Mont-Tremblant. Dès le lendemain, le président de la Chambre de commerce de Plattsburgh rencontrait les dirigeants de l'entreprise et, en moins d'un mois, à la suite de rencontres avec les deux sénatrices de l'État, dont Hillary Clinton, le gouverneur George Pataki et d'autres élus, une aide financière était ficelée.

Laurentian Aerospace, qui avait plusieurs offres d'aéroports canadiens autres que ceux du Québec, a changé d'idée pour accepter celle des Américains.

Le ministre du Développement économique, Raymond Bachand, a confié au journal Les Affaires qu'il n'avait jamais entendu parler de Laurentian. Au ministère, un responsable a laissé entendre que la décision de la société n'avait rien à voir avec l'appui du gouvernement.

La perte de cet investissement majeur a néanmoins déçu le porte-parole du Parti québécois en matière de développement économique et de finances, François Legault.

«Il me semble que tous les pays dans le monde, incluant les Américains, font des efforts pour s'assurer que les entreprises investissent chez eux. Il ne faudrait pas le Québec soit l'exception parce qu'on va souffrir de plus en plus au niveau du développement économique», a-t-il insisté, en entrevue à la Presse canadienne.

À son avis, le gouvernement devrait être capable d'agir rapidement quand des entreprises offrant de bons emplois payants lui demandent un appui financier.