Wall Street clôture tout près de son record absolu

Le Dow Jones a terminé hier à son plus haut de l’année et à moins de 34 points de son record historique de clôture, établi le 14 janvier 2000, à 11 722,98 points.
Photo: Agence Reuters Le Dow Jones a terminé hier à son plus haut de l’année et à moins de 34 points de son record historique de clôture, établi le 14 janvier 2000, à 11 722,98 points.

La Bourse de New York s'est approchée hier tout près de son record absolu en clôture établi en janvier 2000, malgré la prudence des investisseurs face aux risques de récession de l'économie américaine.

Indice phare de la Bourse de New York le Dow Jones, qui regroupe les 30 valeurs vedette de la cote, a terminé hier à son plus haut de l'année et à moins de 34 points de son record historique de clôture, établi le 14 janvier 2000, à 11 722,98 points. En terminant la séance à 11 689,24 points, le grand-père des indices boursiers américains (il a fêté ses 110 ans cette année) a enregistré le deuxième plus haut niveau de clôture de son histoire.

Hier, l'indice vedette de Wall Street s'est même approché en séance à un peu plus de deux points de ce record de clôture marquant un plus haut à 11 720,77. Il était toutefois encore loin de son record historique de séance (11 908,50 points, établi le 14 janvier 2000 là aussi).

Si les analystes diffèrent sur la date exacte, tous estiment que le Dow devrait battre son record historique à court terme, peut-être dès cette semaine. «Les prix de l'énergie sont en baisse, les taux d'intérêt sont stables: il y a plus de bonnes que de mauvaises nouvelles pour l'économie américaine, je ne crois pas nous aurons beaucoup de difficultés à dépasser ce record», estime ainsi Art Hogan, analyste à la maison de courtage Jefferies.

Malgré cet optimisme mesuré, le Dow Jones aura quand même mis plus de six ans avant de retrouver ses niveaux atteints avant l'éclatement de la bulle Internet.

Il s'était déjà approché cette année à moins de 100 points de son record, en mai dernier, avant de déraper en raison d'un regain de craintes inflationnistes sur les places financières mondiales. À la mi-juillet, le Dow était redescendu à son niveau de décembre dernier et ne doit son rebond qu'à la dynamique des deux derniers mois.

À la clôture hier, il affichait une hausse de 9,1 % depuis janvier, soit un rythme de croissance très proche de sa moyenne annuelle, mais très loin de ses années fastes, comme en 1995 où le Dow Jones avait bondi de plus de 33 % en un an.

«Le principal moteur des deux derniers mois est que, comme prévu par la Réserve fédérale, l'économie a ralenti et que le rythme de l'inflation a commencé à se modérer», estime Hugh Johnson, analyste chez Johnson Illington Advisors. «Cela a permis à la Réserve fédérale de retirer son pied de la pédale de frein, c'est-à-dire d'arrêter de relever les taux d'intérêt», ajoute-t-il.

La banque centrale américaine avait décidé le 8 août de laisser son taux inchangé à 5,25 %, ce pour la première fois après 17 hausses de taux consécutives depuis juin 2004. Elle a maintenu ce statu quo le 20 septembre dernier.

Le resserrement des conditions de crédit pèse mécaniquement sur le cours des actions dont la valorisation est calculée en fonction du niveau des taux d'intérêt. Wall Street a historiquement connu des rebonds importants à l'issue d'un cycle de resserrement monétaire.

Aussi favorable à la progression des indices, les prix du pétrole ont nettement reflué, perdant environ 20 % depuis leur record atteint à la mi-juillet à 78,40 $US le baril. Hier à New York, le baril de brut valait un peu moins de 63 $US.

En dépit de ces nouvelles positives, les investisseurs restent cependant prudents. «Il est toujours possible, au vu de certains signaux donnés par les marchés financiers telle l'inversion de la courbe des taux, que l'économie connaisse un atterrissage brutal, et dans ce cas le marché chuterait», a relevé M. Johnson.

Depuis quelque temps, les rendements des obligations à long terme sont en effet inférieurs à ceux des obligations à court terme. La courbe est «inversée», ce qui est une anomalie et a souvent précédé une récession économique dans le passé.

Sur Bay Street, un marché d'acheteurs a misé sur les ressources naturelles, hier à la Bourse de Toronto, et l'indice S&P/TSX est monté de 109,18 points, à

11 751,58. Certains investisseurs «s'attendent à des réévaluations à la hausse [des cours] et ils sont prêts à prendre quelques risques», commente Julie Brough, de la maison Morgan, Meighen & Associates.

Aux États-Unis, les marchés ont eu à soupeser, d'un côté, un bilan décevant du département du Commerce sur les commandes de biens durables au mois d'août et, de l'autre, un score plus rassurant des ventes de maisons neuves, le mois dernier.

Le dollar canadien affichait quant à lui une progression de la même ampleur que la veille, s'adjugeant 20 centièmes pour fermer à 89,98 ¢US.