Le prix du pétrole a nettement rebondi

New York — Les prix du pétrole ont nettement rebondi hier, malgré une forte hausse des stocks d'essence et de produits distillés aux États-Unis, le marché spéculant toujours sur une possible intervention de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) pour enrayer une chute trop importante des cours.

Sur le New York Mercantile Exchange (Nymex), le baril de light sweet crude pour livraison en novembre, a gagné 1,95 $, à 62,96 $.

À Londres, le baril de Brent de la mer du Nord a gagné 2,09 $ à 62,21 $ sur l'échéance de novembre.

Les prix avaient ouvert en hausse, puis la publication des stocks hebdomadaires de pétrole aux États-Unis les a fait reculer, le pétrole ayant même refait à Londres une incursion sous 60 $ le baril.

Dans son rapport, le département américain de l'Énergie (DoE) a fait état d'une hausse près de six fois plus importante que prévu des stocks d'essence la semaine dernière aux États-Unis, de 6,3 millions de barils.

Les réserves de produits distillés, capitaux pour l'hiver, ont progressé conformément aux attentes pour s'établir à 151,3 millions de barils, leur plus haut niveau depuis près de huit ans.

Quant aux stocks de brut, leur recul de 100 000 barils la semaine dernière était 17 fois moins marqué que l'anticipaient les analystes. «Tout dans ce rapport était baissier», a réagi James Williams, de WTRG Energy. «La hausse des stocks d'essence était même la plus forte depuis 2001», a-t-il ajouté.

Ce serait en réaction à la nature baissière de ce rapport que le marché aurait ensuite décidé de faire remonter les cours, «de peur de voir l'Organisation des pays exportateurs de pétrole réduire sa production», a poursuivi l'analyste.

Mardi, le président du cartel Edmund Daukoru a laissé entendre que l'OPEP, qui fournit 40 % de la production mondiale de brut, songeait à passer à l'action. Il a jugé le prix actuel du baril «très bas» et estimait qu'il fallait «faire quelque chose pour stabiliser le marché».

Un porte-parole de l'organisation a assuré que l'OPEP n'avait pas pour l'instant prévu de se réunir avant la réunion ordinaire qui doit avoir lieu le 14 décembre au Nigeria. Mais cela n'empêche pas aux pays de l'OPEP de s'entendre en coulisse sur le prix à défendre pour le baril de brut et sur une baisse de leur production.

Mike Fitzpatrick, de la Fimat, attribuait de son côté la remontée des cours, qui restent inférieurs de plus de 15 $ à leurs records estivaux, à «un rebond technique».

«Certains courtiers ont évoqué le discours du président iranien [hier] pour expliquer la subite progression des cours, mais de mon point de vue, il n'y avait absolument rien de nouveau dans ses propos», a-t-il ajouté.

Le président iranien Mahmoud Ahmadinejad a affirmé qu'aucun Iranien n'était autorisé à céder le «droit de la nation» à l'enrichissement d'uranium.

Des sources américaines avaient indiqué récemment que l'Iran était prêt à envisager une suspension temporaire de ses activités d'enrichissement d'uranium afin de résoudre la crise autour du programme nucléaire iranien.