Aérospatiale - L'industrie de Montréal s'inquiète des coupures

Certains des plus grands joueurs de l'industrie aérospatiale canadienne affirment que le programme Partenariat technologique Canada (PTC), auquel le gouvernement du fédéral entend retrancher 42 millions au cours des deux prochaines années est «crucial» à leur croissance.

Le PTC fournit une aide financière à la recherche et au développement stratégiques. Les entreprises qui en profitent remboursent l'argent prêté, avec intérêts, en vertu d'un système de redevances.

Le fabricant de simulateurs de vol CAE doit ainsi recevoir une somme de 189,5 millions au cours des cinq prochaines années. Les fonds fédéraux font partie d'un programme de recherche et développement d'une valeur de 630 millions chez CAE.

«C'est un programme crucial pour CAE, a affirmé une porte-parole de l'entreprise, Nathalie Bourque. C'est crucial pour le programme aérospatial et l'industrie militaire de ce pays, pour que nous puissions rivaliser à armes égales avec [nos concurrents].» Elle a aussi souligné que l'industrie aérospatiale représentait environ 1 % des emplois dans la région de Montréal et rappelé que l'armée canadienne était trop petite pour offrir des contrats de recherche.

Dans une allocution prononcée hier, le ministre fédéral de l'Industrie, Maxime Bernier, a indiqué que les coupures annoncées ne signifiaient pas la disparition du programme. «Même avec les réductions, le programme aura un financement suffisant pour que le gouvernement puisse respecter ses engagements», a-t-il promis.

Pour sa part, le président de Bell Helicopter Textron Canada, Jacques Saint-Laurent, a expliqué que son entreprise était sous contrat avec le PTC jusqu'en 2012 pour mettre au point de nouveaux appareils. Il a ajouté que le PTC était «crucial» pour l'usine de Bell Helicopter à Mirabel.

Et du côté de Bombardier Aéronautique, le porte-parole John Paul Macdonald affirme que son entreprise rembourse encore un prêt obtenu en vertu du PTC il y a 10 ans, et qu'elle n'a pas fait appel au programme depuis. Il souligne toutefois qu'un programme similaire a permis à Bombardier de développer un de ses avions régionaux.