La société minière CVRD prolonge son offre pour Inco

Maintenant qu’elle a l’appui du conseil d’Inco, CVRD doit s’assurer de celui des actionnaires et régler les questions de réglementation au Canada et en Europe.
Photo: Agence France-Presse (photo) Maintenant qu’elle a l’appui du conseil d’Inco, CVRD doit s’assurer de celui des actionnaires et régler les questions de réglementation au Canada et en Europe.

Toronto — La société minière brésilienne CVRD (Companhia Vale do Rio Doce) a prolongé jusqu'au 16 octobre son offre d'achat de 19 milliards pour Inco. Cette proposition devait normalement venir à échéance jeudi.

En reportant la date d'échéance de son offre, la société brésilienne veut laisser plus de temps aux autorités canadiennes pour étudier le dossier en vertu de la Loi sur Investissement Canada. Le délai permettra également de respecter la législation européenne.

CVRD a indiqué hier qu'elle avait été informée par la Division de l'examen des investissements à Industrie Canada de la décision du ministre de l'Industrie d'exercer son droit de prolonger la période d'examen de 30 jours.

L'entreprise a précisé que le ministre pourrait émettre une décision à n'importe quel moment durant la période de révision.

Dimanche, en soirée, le conseil d'administration d'Inco a recommandé aux actionnaires d'appuyer l'offre publique d'achat de Companhia Vale do Rio Doce. Celle-ci versera 86 $ par action.

Selon Inco, CVRD représente, pour elle, un paternaire attrayant.

La société canadienne avait d'abord appuyé une entente tripartite avec Phelps Dodge et Falconbridge avant d'entreprendre des négociations avec CVRD afin de faire grimper les enchères.

«Il y a un grand marché pour le nickel. [Inco] est un des plus importants producteurs de nickel en Occident. C'est un actif de choix. Mais à 86 $ par action, c'est vraiment aussi un prix de choix», a commenté John Hughes, de Valeurs mobilières Desjardins.

Ellen Greenspan, qui suit Inco pour Havens Advisors, un gestionnaire de fonds de placement spéculatifs, se dit elle aussi favorable à la transaction. «D'un point de vue d'investisseur, tout ça se termine très bien. Les sagas concernant Falconbridge et Inco se concluent avec la présentation de plusieurs offres d'achat. Habituellement, et c'est le cas ici, cela profite aux investisseurs.»

Maintenant qu'elle a l'appui du conseil d'Inco, CVRD doit s'assurer de celui des actionnaires et régler les questions de réglementation au Canada et en Europe.

La possibilité de voir se réaliser cette transaction attriste un peu M. Hughes. «C'est un jour triste pour l'ensemble du secteur minier. La perte de Rio Algom en 2000 était une mauvaise nouvelle, mais depuis, nous avons perdu Noranda, Falconbridge et Inco, qui constituaient la base du secteur minier canadien. Nous sommes des divisions de plus grandes corporations qui ont leurs propres intérêts. Une entreprise indépendante a plus de contrôle sur ses intérêts», a-t-il souligné.

Hier à la Bourse de Toronto, le cours de l'action d'Inco a gagné 0,01 $ à 85,10 $. Quant à celui de CVRD, il a perdu 0,28 $US pour terminer la journée à 19,76 $US sur le parquet de Wall Street.