En quatre mois, Ottawa a accumulé 6,3 milliards

Le ministre des Finances, Jim Flaherty, a présenté un excédent budgétaire de 840 millions pour juillet 2006.
Photo: Agence Reuters Le ministre des Finances, Jim Flaherty, a présenté un excédent budgétaire de 840 millions pour juillet 2006.

Juillet 2006 a été le mois de la baisse du taux de la TPS et de l'entrée en vigueur de la prestation universelle pour la garde d'enfants. Ces ponctions n'ont toutefois pas empêché le gouvernement fédéral d'afficher un excédent budgétaire de 800 millions en juillet et de 6,3 milliards après quatre mois en 2006-07.

Dans sa plus récente revue financière, le ministre des Finances, Jim Flaherty, a présenté un excédent budgétaire de 840 millions pour juillet 2006. Ce résultat fait ressortir un recul de quelque 900 millions par rapport au surplus de 1,76 milliard du mois correspondant en 2005, un recul qui n'est pas étranger à l'entrée en vigueur de la réduction d'un point de pourcentage du taux de la TPS et de la prestation universelle pour la garde d'enfants (PUGE). Il renferme toutefois l'effet compensatoire d'une hausse de 4 % des revenus du fédéral, «en raison d'une forte poussée des rentrées de l'impôt sur le revenu des particuliers».

Dans sa revue financière, le ministre prend soin de souligner que juillet ne représente que le premier mois du versement de la PUGE, soit 181 millions sur un coût total de 1,6 milliard estimé pour l'exercice 2006-07. C'est également le premier mois de la réduction du taux de la TPS, dont le coût devrait s'élever à 3,5 milliards pour l'ensemble de l'exercice.

Sur ce dernier point, toutefois, le résultat de juillet fait ressortir des rentrées stables venant de la TPS. Il y a eu une augmentation de 46 millions, ou de 1,7 %, «sous l'effet d'une hausse marquée des ventes au détail» ayant accompagné la modification du taux de la taxe.

On rappelle enfin que le taux des cotisations de l'assurance-emploi est passé de 1,95 $ à 1,87 $ (par tranche de 100 $ de gains assurables) au 1er janvier dernier, ce qui a réduit les cotisations perçues de 96 millions (6,6 %) en juillet et de 464 millions (de 7,1 %) durant la période d'avril à juillet.

N'empêche, au cumul après quatre mois, l'excédent atteint les 6,28 milliards, en hausse de 1,2 milliard sur celui de 5,06 milliards pour la période s'étendant d'avril à juillet 2005. Témoignant encore une fois de la forte sensibilité des finances fédérales à l'impôt sur le revenu des particuliers, Ottawa a comptabilisé une progression de 4,2 milliards, ou de 5,8 %, de ses revenus totaux.

Les revenus fiscaux à eux seuls ont été en hausse de 7,5 % dans l'intervalle, avec, pour principale contribution, une augmentation de 11,8 % des rentrées venant de l'impôt sur le revenu des particuliers. Dans ce dernier segment, la contribution additionnelle, après les quatre premiers mois de l'exercice, à été de 3,8 milliards «sous l'effet de la progression soutenue de l'emploi, des traitements et des salaires, ainsi que de la progressivité de l'impôt sur le revenu des particuliers».

Pour leur part, les charges de programme ont été en hausse de 5,1 %, ou 2,8 milliards, après quatre mois, sous le poids de la hausse des transferts aux particuliers. On y observe également un bond de 8,1 % des dépenses consacrées à la défense, à 4,83 milliards.

«Les résultats à ce jour ne tiennent pas compte d'une large part des 14,3 milliards de dollars de réductions d'impôt et d'augmentations des dépenses pour 2006-07 annoncées dans le budget de mai 2006», a pris soin d'ajouter le ministère des Finances. Ce budget table sur un excédent de 3,6 milliards pour l'exercice en cours, alors que l'an dernier le surplus avait atteint les huit milliards.