HP: Patricia Dunn démissionne

New York — La présidente du conseil d'administration du groupe informatique américain Hewlett-Packard Patricia Dunn a démissionné, ce qui prend effet immédiatement, a annoncé hier le p.-d.g. Mark Hurd lors d'un point de presse d'explication sur le scandale d'espionnage qui secoue le groupe.

Le départ de Mme Dunn, qui était initialement prévu pour janvier 2007, a ainsi été avancé, dans un contexte où cette affaire d'écoutes illégales de membres du conseil d'administration et de journalistes est en train de remonter jusqu'au Congrès américain.

«Patricia Dunn a présenté sa démission et nous l'avons accepté», a déclaré M. Hurd, qui devient par conséquent immédiatement président du conseil d'administration. M. Hurd était censé assumer cette fonction seulement à partir de janvier prochain.

Par ailleurs, la proposition de M. Hurd de témoigner spontanément devant une commission du Congrès lors d'une audition prévue le 28 septembre a été acceptée par le Congrès, a annoncé la direction lors du point presse. Le but de cette audition était principalement d'entendre Mme Dunn, personnage central dans l'affaire des écoutes puisque c'est elle qui a engagé la société d'investigation qui a utilisé des méthodes illégales d'espionnage.

Il n'a pas été précisé hier si Mme Dunn se rendrait quand même devant la commission de la Chambre des représentants qui organise cette audition maintenant qu'elle n'est plus présidente du Conseil d'administration.

HP est au coeur d'un scandale depuis début septembre, quand le groupe a reconnu avoir fait espionner par des détectives privés des membres de son propre conseil d'administration pour détecter l'origine de fuites dans les médias. Les détectives ont eu recours à de fausses identités, notamment pour se procurer des relevés téléphoniques personnels de membres du conseil, mais aussi de journalistes et de cadres, espionnant au total plus d'une douzaine de personnes, selon la presse américaine.

Les autorités judiciaires de la Californie, où Hewlett-Packard a son siège à Palo Alto, ainsi que le justice fédérale examinent actuellement la possibilité de poursuivre le groupe pour les faits commis.

Peu avant l'annonce du départ de Mme Dunn, l'action du fabricant informatique continuait à être malmenée par les investisseurs. Depuis le début de la semaine, l'action HP a perdu plus de 4 % à la Bourse de New York. Sur la seule journée de jeudi, l'action a chuté de plus de 5 %, plombée par le fait que le gendarme boursier américain, la SEC, demande maintenant des explications à HP sur les conditions de la démission de Thomas Perkins, un administrateur qui a rendu son siège pour protester contre les pratiques d'écoutes illégales des membres du Conseil d'administration.