Marchés boursiers - Toronto recule encore

La Bourse de Toronto a encore perdu du terrain, hier, devant les soucis qu’occasionne la santé de l’économie aux États-Unis. L’indice S&P/TSX a chuté cette fois de 46,13 points, pour clore à 11 581,61 et ainsi boucler sa semaine avec une perte nette de 74 points.

Le pessimisme à Wall Street a relégué au second plan ce qui s'annonçait comme l'événement positif de la semaine, soit la décision de la Réserve fédérale, mercredi, de ne pas hausser les taux d'intérêt. Jeudi, un bilan négatif de l'activité manufacturière, venant d'un bureau régional de la banque centrale, a jeté un certain froid.

«On dirait que les craintes quant aux faiblesses de l'économie américaine se répercutent dans les estimations de prix des ressources», a remarqué Gavin Graham, d'une filiale de la Banque de Montréal, rappelant que 85 % des exportations du Canada allaient au sud de la frontière.

D'autres aux États-Unis trouvent prompte la réaction du public investisseur à ce bilan manufacturier. «Tout soudainement, les gens s'inquiètent de la croissance qui ralentit», a expliqué Dean Junkans, de la banque d'affaires Wells Fargo. Or selon lui, cette dernière poussée des vendeurs est due avant tout à des prises de bénéfice, après de solides gains des cours observés jusqu'ici en septembre.

À la cote new-yorkaise, le brut de référence est descendu de 1,29 $ à 60,30 $US le baril. L'or noir, à son point le plus bas depuis mars, est en outre disponible en abondante quantité et la demande semble à plat, du moins jusqu'à l'arrivée du froid.

Le dollar canadien a de nouveau progressé, de 11 centièmes à 89,48 ¢US.

À Wall Street, le Dow Jones des 30 industrielles a diminué de 25,13 points à 11 508,10, et le S&P 500 s'est déprécié de 3,25 points à 1314,78. Lors de la semaine écoulée, l'indice des 30 valeurs vedettes a perdu 0,5 %, l'indice composite du Nasdaq a lui abandonné 0,8 %, clôturant à 2 218,93 points, et l'indice élargi Standard and Poor's 500 a lâché dans le même temps de 0,4 %.

Sur le marché obligataire, le rendement du bon du Trésor à 10 ans a baissé sous les 4,6 % contre 4,8 % vendredi dernier, et celui du bon à 30 ans à 4,74 % contre 4,92 %.

Les marchés ont été déprimés jeudi après la publication de l'indice mesurant l'activité industrielle de la région de Philadelphie. Négatif pour la première fois depuis avril 2003, cet indicateur a en effet réveillé les inquiétudes d'un ralentissement majeur de l'économie américaine et relancé les débats sur une récession aux États-Unis.

La décision mercredi de la Réserve fédérale américaine (Fed) de laisser son principal taux d'intérêt inchangé à 5,25 % n'avait pas eu d'impact sur les marchés, parce qu'elle était largement anticipée. «Mais alors que lors de sa précédente réunion en août, la Fed avait évoqué le refroidissement graduel du marché de l'immobilier, elle a cette-fois ôté le mot "graduel" de son communiqué», a souligné M. Johnson, ce qui reflète selon lui une inquiétude grandissante de la banque centrale sur l'économie.

Les prochains indicateurs sur le marché immobilier seront donc scrutés avec attention par la Fed comme par le marché, estiment les analystes. Les investisseurs attendent notamment lundi les reventes de logements pour août et mercredi les ventes de logements neufs.

Si le ralentissement du secteur immobilier se confirmait, cela pourrait avoir un impact sur l'indice de confiance des consommateurs américains. Le chiffre est pourtant attendu à 104 points, en hausse par rapport à août, grâce notamment au «récent déclin des prix de l'énergie», souligne Lehman Brothers.