Ventes au détail - Juillet ne fait pas le trimestre

Ottawa — Les ventes au détail ont grimpé de 1,5 % en juillet comparé à juin, pour s'établir à 33 milliards, rapportait hier Statistique Canada; les mois de mai et juin avaient été marqués par des baisses. Par rapport à juillet 2005, la progression s'affiche à 5,7 %.

Le dernier gain en écart mensuel est dû surtout au secteur de l'automobile, explique l'agence fédérale; en excluant celui-ci (autos neuves, d'occasion, pièces, etc.), les ventes au détail n'avancent que de 0,7 %, après deux mois en variation nulle.

Hors l'automobile, l'ensemble du commerce au détail progresse surtout grâce aux stations-service; en les omettant également, les ventes ne gagnent que 0,2 %.

Par province, pour tous les secteurs, les ventes de juillet au Québec étaient de 7,36 milliards, en hausse de 4,6 % par rapport à juillet 2005. En Ontario, les affaires des détaillants croissent de 2,8 % à 11,81 milliards.

Le Mouvement Desjardins signale qu'à l'échelle nationale «la plupart des secteurs affichent une progression limitée, voire une réduction». Jusqu'ici durant le trimestre prenant fin ce 30 septembre, «l'acquis de croissance des ventes au détail n'est que de 0,3 %», contre 2,3 % au même moment durant celui clos le 30 juin, remarque l'économiste François Dupuis.

Puisque le commerce extérieur se détériore, «l'économie canadienne doit compter sur la vitalité de sa demande intérieure pour soutenir la croissance», note-t-il, de sorte qu'«il serait plus avisé pour la Banque du Canada de maintenir ses taux d'intérêt directeurs aux niveaux actuels au cours des prochains mois».

De son côté, la Banque Nationale prévoit que «l'effet de la réduction de la TPS [depuis le 1er juillet] se ressentira plus nettement au cours des deux prochains mois, mais il y a encore beaucoup de chemin à rattraper» pour le trimestre en entier. «Dans ces circonstances [...] nous croyons que la croissance du PIB pourrait à nouveau décevoir» au présent trimestre, commente l'économiste Éric Dubé.