Les incertitudes planétaires risquent d'amortir la croissance

Ottawa - Les menaces de guerre en Irak, la montée des prix du pétrole et une croissance à la traîne aux États-Unis sont des facteurs nuisant à l'élan de l'économie canadienne, a noté hier la Banque du Canada, dans son rapport automnal sur la politique monétaire.

La croissance s'estompe quelque peu au Canada, ce qui devrait durer au moins jusqu'au milieu de 2003, a notamment expliqué David Dodge, gouverneur de la banque centrale.

Malgré cela, l'inflation continue de s'accentuer, de sorte que d'autres hausses du taux directeur de la Banque sont à prévoir, même si M. Dodge n'a rien dit quant au moment où cela se produirait. «Les incertitudes planétaires d'ordres économique, financier et géopolitique vont sans doute amortir durant les trois trimestres à venir la croissance de l'économie canadienne», a souligné M. Dodge.

Ces prévisions d'une croissance légèrement amoindrie vont en fait équilibrer les neuf derniers mois marqués par l'effervescence, surtout les trois derniers où l'économie a crû de 4 %.

«Nous avons eu une éruption de croissance un peu hâtivement [...] alors ce ne sera pas surprenant de voir l'économie ralentir durant les trois prochains trimestres», a encore dit le gouverneur.

La Banque du Canada prévoit maintenant que la croissance moyenne cette année sera de 3,5 %. Elle anticipe aussi de la voir osciller entre 2,75 % et 3,75 % en 2003. En avril, la banque centrale anticipait une croissance se situant entre 2,25 % et 3,25 % pour 2002, puis grimpant dans la fourchette de 3 % à 4 % en 2003.

Le rapport d'hier prévient que l'inflation revient et qu'elle pourrait atteindre les 4 % d'ici la fin de 2002 si les tensions au Moyen-Orient gardent le prix du baril de brut vers les 30 $US. «À mesure que nous avançons, d'autres suppressions de stimulus monétaire seront nécessaires pour atteindre les objectifs pour l'inflation», a ajouté M. Dodge en suggérant des hausses des taux d'intérêt.