Bénéfice de 368 millions - BCE retrouve le profit au troisième trimestre

Les gains d'efficacité inscrits dans ses trois grands pôles d'activités ont permis à BCE de passer de perte à profit au troisième trimestre, et ce malgré la stationnarité des revenus. Des gains ou améliorations substantiels ont été observés dans la télévision satellitaire et dans les services Internet à haute vitesse, où la croissance atteint 60 % et 31 % respectivement, avec un nombre d'abonnés franchissant le cap du million.

Au terme du troisième trimestre clos le 30 septembre dernier, BCE a dégagé un bénéfice net de 368 millions de dollars, ou de 43 ¢ l'action, comparativement à une perte de 144 millions, ou de 18 ¢ l'action, au trimestre correspondant de 2001. Avant éléments non récurrents, le bénéfice net du trimestre de 2002 atteint les 393 millions, ou 45 ¢ l'action. Les revenus sont demeurés en définitive inchangés entre les deux trimestres de comparaison, à 4,82 milliards.

Pour l'ensemble des neuf premiers mois, les revenus passent de 14,23 milliards à 14,6 milliards, le bénéfice net étant toutefois ramené de 749 millions à 680 millions, ou de 93 ¢ à 82 ¢ l'action.

Trois pôles

Revenant au troisième trimestre, BCE s'est réjouie des gains inscrits dans chacun de ses trois grands pôles d'activités. Principal contributeur, Bell Canada a vu son bénéfice net trimestriel passer de 272 millions à 336 millions entre 2001 et 2002, malgré des revenus stationnaires à 4,3 milliards. En guise d'explication, le holding a retenu les efforts soutenus de gestion des coûts et les gains de productivité de 145 millions au cours du troisième trimestre (de 515 millions après neuf mois).

Dans ce segment, et sans référence aucune au conflit qui perdure chez Vidéotron, on a souligné que Bell ExpressVu avait enregistré une augmentation de 33 % de ses revenus, grâce à une progression de 31 % (ou d'un ajout net de 45 000) du nombre de ses abonnés, qui dépassait les 1,2 million à la fin de septembre. La croissance a été plus forte dans son service Internet, la progression de 60 % reflétant l'inscription d'un ajout net de 93 000 abonnés. Bell fait désormais miroiter plus d'un million d'abonnés à son service haute vitesse, pour un total de près de 2 millions d'abonnés Internet.

Chez BCE Emergis, les efforts de restructuration ont transformé une perte trimestrielle de 70 millions en un bénéfice net de 19 millions, alors que chez Bell Globemedia, seule filiale déficitaire, la perte a été ramenée à 11 millions, contre 52 millions au troisième trimestre de 2001. Après neuf mois, cette division renfermant CTV et le Globe and Mail est passée d'une perte de 125 millions à un bénéfice d'un million, alors que BCE Emergis ramenait sa perte à 58 millions dans l'intervalle, contre 236 millions un an plus tôt.

BCE n'a inscrit aucune perte découlant d'activités abandonnées au troisième trimestre de 2002. Cette ponction à l'encre rouge a atteint les 465 millions au troisième trimestre de 2001, pour un total de 2,86 milliards après neuf mois l'an dernier. De plus, le géant des télécommunications a rappelé que, conformément aux principes comptables, il a amputé l'avoir des actionnaires d'une charge pour moins-value de 8,18 milliards en date du 1er janvier 2002, reflétant une dépréciation de l'écart d'acquisition de Téléglobe (7,52 milliards), de Bell Globemedia (545 millions) et de BCE Emergis (119 millions). BCE a débuté l'exercice 2002 avec des écarts d'acquisition de 15,9 milliards, réduits à 6,7 milliards au 30 septembre dernier.

Prévisions maintenues

BCE maintient ses prévisions et pense terminer l'exercice 2002 avec un bénéfice annuel qui se situera dans le bas de sa fourchette de prévisions, à 1,80 $ l'action. Son chiffre d'affaires devrait être de 19,5 milliards et son bénéfice avant amortissement, intérêts et impôts, de 7,5 milliards.

Ces cibles ont été révisées le 7 octobre dernier, à la lumière d'une baisse de régime observée dans les services de traitement des données pour entreprises. Dans les résultats du troisième trimestre, les produits des services de données affichent une augmentation de 5 %, à 926 millions, une croissance qui a toutefois ralenti par rapport au taux de 14 % affiché au premier trimestre et de 8 % au deuxième.

BCE a églement mis en exergue un recul de 7 % des produits des services locaux et d'accès, un recul qui n'est pas sans traduire les effets de la récente décision réglementaire sur le plafonnement des prix et sur les frais d'accès à ses réseaux. Sans cet impact, le recul des revenus dans ce segment aurait été de 1 %.