Un huitième membre - La Banque Royale se joint à Nasdaq Canada

RBC Marché des Capitaux est devenu hier le huitième membre de Nasdaq Canada. Cette décision survient deux ans après l'ouverture de l'antenne montréalaise de la plus grande bourse électronique au monde. Elle s'inscrit dans l'anticipation de la phase II de développement, prévoyant la négociation des titres canadiens, qui se fait toujours attendre.

4000 actions

Actuellement, Nasdaq Canada permet la négociation directe sur tous les titres inscrits sur le Nasdaq américain, soit quelque 4000 actions. Dans sa phase II d'implantation, qui devait s'enclencher cet automne, l'antenne montréalaise devait offrir à la négociation l'ensemble des actions négociées sur les parquets traditionnels canadiens. Cette deuxième phase, devant permettre l'émergence d'un puissant concurrent de Bay Street, se fait toujours attendre, bloquée par des contraintes réglementaires hors-Québec. Le tout étant fragilisé par l'effondrement des valeurs technologiques, qui est venu compromettre ou ralentir le déploiement international du Nasdaq.

Le porte-parole new-yorkais de Nasdaq, Mike DeMeo, a précisé hier que «nous continuons de travailler au développement de la phase I de Nasdaq Canada. Il n'y a pas encore de calendrier de travail précis pour la deuxième phase.»

Malgré ces délais et cette cible encore confuse, RBC Marché des Capitaux, la division des services à la grande entreprise et de banque d'investissement de RBC Groupe Financier, a annoncé hier sa décision de joindre les rangs et d'exécuter des transactions sur les titres inscrits à la cote du Nasdaq par l'intermédiaire de la plateforme montréalaise, en qualité d'agent officiel pour l'entrée des ordres. Le nom de la filiale de la Banque Royale s'ajoute à ceux de Valeurs mobilières Desjardins International, de Merrill Lynch Canada, de Financière Banque Nationale et de Pictet Canada pour devenir ainsi le huitième membre de ce parquet embryonnaire, dont les bases ont été jetées en novembre 2000 et dont l'expansion est, depuis, soutenue à bout de bras par la Caisse de dépôt. «Au départ, nous n'avions pas la plateforme technologique requise. Nous avons bonifié notre technologie depuis, a expliqué Jean-Pierre Ouellet, vice-président du conseil, RBC Marchés des Capitaux. Nous voulons également être prêts pour la phase II de Nasdaq Canada.»

Plateforme supplémentaire

Ainsi, les négociateurs de la Royale auront accès à une plateforme supplémentaire qui, lorsque la prochaine phase sera implantée, viendra élargir la concurrence et le nombre d'intervenants. Ce qui ne peut que se traduire par une liquidité accrue et par de meilleurs prix transactionnels, a ajouté M. Ouellet, qui insiste: «Notre participation à Nasdaq Canada contribuera à renforcer notre présence au Québec, puisque nous recruterons et formerons des spécialistes financiers et apporterons notre soutien à des organismes tels que le Centre financier international et la Conférence financière internationale de Montréal.»

Importants bénéfices

Pour John Reilly, directeur général, Négociations internationales chez RBC Marchés des Capitaux, d'importants bénéfices vont découler de cette introduction au sein de Nasdaq Canada. Il pense, notamment, à l'obtention d'un accès direct à ce marché, des plus liquides, et à la possibilité d'y exercer des fonctions de mainteneur de marché, mettant à contribution le capital de l'institution. «Le Canada possède un important effectif de négociateurs de talent, mais leurs activités sont en grande partie limitées aux opérations sur les actions en dollars canadiens. La stratégie de Nasdaq Canada nous permet d'exploiter pleinement nos compétences en négociation pour faire des opérations sur un marché offrant une plus grande liquidité», a -t-il soutenu, dans un communiqué.