Hausse de 6,3 % du nombre de touristes américains au Québec - Pour Montréal, la pub paie

L'industrie touristique montréalaise se remet plus vite de l'effet du 11 septembre que celle des autres grandes villes canadiennes. Au-delà de ses nombreux festivals et de sa proverbiale joie de vivre, c'est une vaste campagne publicitaire auprès de la clientèle américaine qui a redressé la balance, estime Tourisme Montréal, qui dressait hier le bilan de la saison estivale.

Au nombre des bonnes nouvelles, on rapporte une légère augmentation depuis l'an dernier du taux d'occupation des établissements hôteliers, de 79,6 % à 80,5 %, et ce malgré l'addition de 800 nouvelles chambres sur l'île de Montréal. La hausse de 4,9 %, de mai à septembre, du nombre total de chambres occupées qui en a résulté a pratiquement permis d'atteindre le record atteint durant l'été 2000, qui avait lui-même battu l'ancienne marque absolue établie lors d'Expo 67. Cette performance permet surtout à Montréal de se démarquer, à la lumière des résultats enregistrés cette année, de Toronto et Vancouver, où les taux d'occupation et le prix des chambres se sont avérés systématiquement plus bas durant tout l'été.

«La relance de l'industrie touristique montréalaise qui s'est amorcée au cours des derniers mois est sans nul doute un effet direct de l'offensive publicitaire que Tourisme Montréal a orchestrée au printemps dernier sur les marchés nord-américain», a déclaré le président-directeur général de l'organisme, Charles Lapointe.

La campagne publicitaire de huit millions de dollars lancée le printemps dernier s'est avérée la plus importante jamais réalisée par une ville canadienne. Elle s'est principalement adressée à la clientèle américaine, qui bon an mal an, représente environ 40 % des visiteurs à Montréal, contre 30 % de Québécois, 20 % de Canadiens du reste du pays et 10 % de touristes provenant d'autres pays. «We celebrate life with passion», a-t-on clamé à pleines pages de revues américaines à diffusion nationale et de journaux des grandes villes de la côte est et de Los Angeles. Un site Internet revampé et l'établissement d'un partenariat avec des grossistes américains sont venus compléter l'opération charme.

L'appel semble avoir été entendu: le nombre de touristes américains entrés au Québec de mai à juillet affiche une hausse de 6,3 %, alors que l'on a enregistré une baisse de 7,3 % des autres touristes étrangers et que le nombre de Québécois à se rendre à l'étranger a aussi diminué de 11,7 % aux États-Unis et de 8,1 % ailleurs dans le monde. La majorité des festivals et des événements montréalais de l'été ont également rapporté une augmentation d'achalandage.

Mauvaises nouvelles

Cette campagne publicitaire ne pourra malheureusement pas être reconduite l'an prochain malgré son succès. «On profitait cette année d'une aide spéciale de Québec et d'Ottawa pour contrebalancer l'effet du 11 septembre, raconte Charles Lapointe. Ces sommes ne seront pas disponibles l'an prochain.» Il faudra vraisemblablement faire avec un budget moitié moins important, soit trois ou quatre millions tout au plus.

D'autres résultats montrent pourtant que du travail reste à faire pour permettre à Montréal de ne pas perdre le souffle dans le domaine touristique. Ses aéroports ont ainsi enregistré, de mai à septembre cette année, une baisse de 10,4 % du nombre de passagers par rapport à l'an dernier. «Cette baisse a été observé dans tous les aéroports, explique Charles Lapointe. Elle est attribuable à la peur des attentats depuis le 11 septembre, mais aussi au ralentissement économique et aux difficultés qu'éprouvent plusieurs compagnies aériennes.»

La fréquentation des attraits touristiques montréalais a également chuté de 7,3 % cette année. «Dans ce cas-ci, on a été victime de la météo, dit Charles Lapointe. Il a pratiquement fait beau durant tout l'été. Ce n'est pas étonnant que moins de monde a eu envie d'aller dans les musées ou au Biodôme et que l'on a préféré profiter des terrasses et des festivals en plein air.»

Quant à la chute du tourisme européen, il ne croit pas qu'elle se poursuivra longtemps. Le nombre de visiteurs du Vieux Continent était, jusqu'à l'année dernière, en augmentation constante depuis dix ans. Le contexte économique et politique devrait tôt ou tard s'avérer plus favorable, espère-t-il. «À moins, bien sûr, qu'une guerre en Irak ne se déclare.»