Bénéfice de 268 millions au troisième trimestre - La sécheresse nuit à la croissance des profits du CN

La Compagnie des chemins de fer nationaux du Canada (CN) a vu son bénéfice grimper au troisième trimestre, mais sa croissance a été freinée par la sécheresse dévastatrice dans l'Ouest canadien, qui a diminué les livraisons de céréales, a indiqué hier la société.

Le plus grand réseau de chemins de fer au Canada et le cinquième en Amérique du Nord a ainsi fait état d'un bénéfice de 268 millions, soit 1,32 $ l'action, pour son troisième trimestre, contre des profits de 240 millions, ou 1,21 $ l'action, pour la même période l'an dernier.

Trois analystes sondés par la firme de recherche Thomson First Call tablaient en moyenne sur un bénéfice de 1,33 $ l'action pour le plus récent troisième trimestre.

Le chiffre d'affaires trimestriel a grimpé de 13 % pour atteindre 1,5 milliard, contre 1,32 milliard pour la même période l'an dernier, principalement en raison de l'acquisition des chemins de fer américains de Wisconsin Central en octobre 2001.

L'Ouest canadien a été frappé de plein fouet cet été par une sécheresse dévastatrice qui a produit ce que Statistique Canada décrit comme l'une des pires récoltes de l'histoire du pays, entraînant une baisse drastique du transport ferroviaire de céréales au cours du trimestre.

Les revenus du CN découlant du transport de céréales ont chuté de 45 millions, ou 36 %, au cours du troisième trimestre, a indiqué la compagnie. Dans l'ensemble, les revenus du transport des céréales et des fertilisants ont plongé de 15 % au cours des trois mois.

Depuis le début de l'année, les revenus découlant des céréales ont dégringolé de 150 millions, ou 35 %.

Possibles mises à pied

Le président et chef de la direction du groupe, Paul Tellier, a prévenu que l'impact de la chute des récoltes de céréales aurait également un impact sur le reste de l'année. La compagnie tentera de compenser avec une série de mesures de réductions des coûts, incluant d'éventuelles mises à pied.

«Nous avons déjà effectué un certain nombre de mises à pied, soit quelques centaines d'emplois directement reliés à ce problème», a-t-il indiqué au cours d'une conférence téléphonique.

«Nous examinons attentivement cette situation sur une base continuelle et évidement, nous étudions toutes les solutions possibles, dont une réduction de la taille de l'entreprise, afin de contrôler nos coûts, et rien n'est exclu», a expliqué Paul Tellier.

Ce dernier a par ailleurs indiqué qu'il s'attendait à voir le CN atteindre ses objectifs — déjà revus à la baisse — d'une croissance de 5 % de son bénéfice par action cette année.

Mais avec des récoltes canadiennes inférieures à la moitié de la moyenne des cinq dernières années, les perspectives à long terme de la production céréalière au pays sont loin d'être prometteuses, selon Paul Tellier.

Le titre du CN a perdu 64 ¢ à 68,01 $ hier à la Bourse de Toronto, et a reculé de 50 ¢US, à 43,25 $US à Wall Street.