Réduction de 710 emplois - La Banque CIBC réorganise ses activités américaines

Particulièrement malmenée au chapitre des mauvais prêts au sud de la frontière, la Banque CIBC a annoncé en fin de journée hier une refonte de ses activités américaines. La restructuration touche ses activités de banque virtuelle aux États-Unis, qui seront vraisemblablement interrompues, et une réduction de 710 emplois dans sa division de banque d'affaires, en réponse à la morosité boursière ambiante.

Les transactions sur les actions de la Banque CIBC ont été interrompues hier, peu avant la fermeture de la séance. Auparavant, elles s'échangeaient à 42,10$, en hausse de 91¢ ou de 2,2 % sur la séance, dans un environnement haussier.

Banque électronique

Dans un premier temps, la CIBC veut stopper l'hémorragie dans le segment banque électronique en réduisant, sinon en fermant sa division américaine Amicus. L'opération imposera à l'institution l'inscription d'une charge de 240 millions après impôts (de 375 millions avant impôts) à ses résultats du quatrième trimestre, devant être dévoilés le 27 novembre prochain. La banque virtuelle emploie quelque 1000 personnes mais la CIBC, qui regarde également la possibilité de dénicher un repreneur ou un partenaire pour Amicus, n'a pas précisé, hier, quel pourrait être l'impact sur ses effectifs. Plus de détails seront donnés le 27 novembre.

Tout au plus a-t-elle souligné que le couperet épargnerait les opérations bancaires électroniques menées dans les magasins d'alimentation Loblaw's au Canada — sous la raison sociale de President's Choice Financial — qui affichent une performance supérieure aux activités américaines correspondantes. Pour le volet canadien, la CIBC maintient la cible de l'atteinte de la rentabilité au quatrième trimestre de 2003.

Deux autres mesures de restructuration ont été annoncées hier. L'une d'elles concernent CIBC Marchés mondiaux. En raison de la faiblesse persistante des marchés financiers, le personnel de cette banque d'affaires sera réduit de 240 employés, principalement aux États-Unis. Au nombre vient s'ajouter l'élimination de 470 postes dans l'équipe de soutien administratif et de développement des systèmes affectée à CIBC Marchés mondiaux et à la gestion du patrimoine. Au total, ces initiatives imposeront la comptabilisation d'une charge avant impôts de 80 millions aux résultats du quatrième trimestre.

La Banque CIBC a été plus évasive en annonçant également l'application de mesures d'efficacité et d'optimisation de son réseau de services de détail. Tout au plus a-t-elle précisé que cette rationalisation impliquerait l'inscription d'une charge d'environ 70 millions (avant impôts) aux résultats du prochain trimestre.

L'institution a rappelé qu'elle prévoyait inscrire des pertes sur prêts de 280 millions au quatrième trimestre, gonflant le total pour l'exercice 2002 à 1,5 milliard. Elle prévoit également subir une perte de 200 millions dans sa division banque d'affaires, les réévaluations à la baisse des éléments du portefeuille excédant les revenus de placement et de désinvestissement. Enfin, les réévaluations à la baisse du portefeuille d'obligations, garanties et à haut rendement, devraient atteindre les 160 millions.

Au troisième trimestre, la Banque CIBC avait vu son bénéfice net chuter de près de 60 %, à 193 millions ou à 41¢ par action. Le rendement sur l'avoir des actionnaires avait fondu comme neige au soleil, passant de 17,4 à 6,2 % entre les deux trimestres de comparaison. Après neuf mois, le bénéfice net se situait à 753 millions, contre 1,44 milliard au cours de la période correspondante de 2001, malgré une stationnarité des revenus, à 8,6 milliards.

Avant le dévoilement de ces résultats, la CIBC avait déjà fait part de son intention de réduire d'au moins un tiers (à deux milliards) sur trois ans la taille du portefeuille d'investissement de CIBC Marchés mondiaux, en raison des lourdes pertes liées à des prêts consentis à des entreprises en difficultés telles que Téléglobe et Enron.