Mittal Steel annonce avoir réussi son mariage avec Arcelor

L’homme d’affaires indien Lakshmi Mittal
Photo: Agence France-Presse (photo) L’homme d’affaires indien Lakshmi Mittal

Londres — Le groupe sidérurgique Mittal Steel a annoncé hier avoir réuni les 50 % d'actions Arcelor qui lui étaient nécessaires pour le rachat de celui-ci, ce qui concrétise la naissance d'Arcelor Mittal, numéro un incontestable de l'acier mondial.

Le groupe dirigé par l'homme d'affaires indien Lakshmi Mittal, et coté à Amsterdam, a indiqué que «l'agent centralisateur était toujours en train de vérifier et de compter les actions Arcelor apportées à l'offre», mais «qu'en fonction des déclarations effectuées par les intermédiaires financiers, l'apport minimum à l'offre [soit 50 % des actions Arcelor] avait été atteint».

Mardi dernier, Mittal Steel ne contrôlait encore que 14,1 % des actions de son concurrent européen, mais affichait sa confiance dans le succès de l'opération, de même que l'ensemble des analystes, qui soulignaient que les actions sont généralement apportées en toute fin d'offre.

Les résultats finaux seront publiés le 26 juillet.

Ce mariage, voulu par Lakshmi Mittal mais accepté par raison plus que par passion par Arcelor après cinq mois de lutte et deux hausses du prix proposé par Mittal Steel, valorise le sidérurgiste européen à 25,4 milliards d'euros.

Le nouveau groupe Arcelor Mittal sera de loin le numéro un mondial de l'acier. Il produira ainsi 116 millions de tonnes par an, trois fois plus que n'importe quel concurrent actuel, pour un chiffre d'affaires de 60 milliards d'euros et des effectifs de 320 000 salariés.

Face aux inquiétudes sociales suscitées, Mittal Steel a promis de respecter tous les accords déjà conclus par Arcelor.

Les actionnaires d'Arcelor détiendront 50,6 % du capital et ceux de Mittal 49,4 %, dont 43 % pour la famille de l'homme d'affaires indien, qui a réduit largement ses prétentions en la matière depuis le début de l'offre, mais se retrouve cependant, et de très loin, le premier actionnaire du nouveau groupe.

Le mariage ne règle pas entièrement les problèmes. Arcelor et Mittal ne sont toujours pas parvenus à un accord sur l'avenir du canadien Dofasco, acquis de haute lutte par Arcelor devant le sixième mondial Thyssenkrupp à la veille de la première offre de Mittal, et que celui-ci avait promis à l'allemand en cas de succès dans le rachat d'Arcelor.

Mittal Steel aurait en revanche accepté de poursuivre l'alliance stratégique entre Arcelor et le japonais Nippon Steel, et songerait même à la renforcer en Amérique du Nord, selon la presse japonaise.

Nippon Steel redeviendra numéro deux mondial après la naissance d'Arcelor Mittal.

Enfin, Lakshmi Mittal, installé à Londres et cinquième fortune mondiale selon le dernier classement Forbes, avec 23,5 milliards de dollars, a annoncé en début de mois qu'il allait pour la première fois s'implanter dans son pays d'origine, l'Inde, avec un investissement de 8,7 milliards de dollars.

Il en a profité pour «dire merci» à son pays pour son soutien dans le rachat d'Arcelor, après avoir fait face à des commentaires péjoratifs en Europe sur ses origines, au début de l'OPA. Le ministre indien du Commerce Kamal Nath s'était ému à l'époque de réactions en Europe fondée à son avis «sur la couleur de peau».

Ces réactions qui avaient au contraire suscité le soutien d'un autre self-made man milliardaire, le français François Pinault, ancien patron du groupe Pinault-Printemps-Redoute, qui avait appuyé l'OPA et accepté d'entrer au conseil d'administration de Mittal Steel.