Au salon aéronautique de Farnborough - Le Québec se retrouve dans la cour des grands

La Série C, projet de Bombardier «mis sur la glace» au début de l’année.
Photo: La Série C, projet de Bombardier «mis sur la glace» au début de l’année.

L'industrie québécoise de l'aérospatiale entend profiter du Salon de Farnborough, en Angleterre, pour convaincre les gros manufacturiers de matériel militaire de s'associer à elle pour répondre aux futures commandes de l'armée canadienne.

Une vingtaine de PME et quelques grandes compagnies ont confirmé leur présence à la foire, qui réunira dès dimanche tous les joueurs de l'aéronautique mondiale. Le salon se tient tous les deux ans, en alternance avec celui du Bourget, près de Paris.

Dans ce genre d'événement, la délégation québécoise se concentre généralement sur l'aviation civile. Mais l'annonce par le gouvernement fédéral de l'achat prochain d'une trentaine d'avions et d'hélicoptères militaires change la donne cette année.

«Dans les programmes d'achat de matériel de défense [...] il y a en général des exigences de contenu», a rappelé hier Charles Dieudé de la direction des équipements de transport au ministère du Développement économique, de l'Innovation et de l'Exportation.

D'après lui, le Québec est très bien placé, mais la partie n'est pas gagnée d'avance et les entreprises devront vraisemblablement déployer beaucoup d'énergie pour convaincre les éventuels fournisseurs d'Ottawa de leur confier des mandats de sous-traitance ou de leur acheter des pièces.

Elles bénéficieront d'un coup de pouce des membres de la délégation québécoise — le ministre Raymond Bachand en tête — qui prévoient d'ailleurs consacrer beaucoup de temps à rencontrer les géants comme Boeing afin de leur vanter l'expertise d'ici.

Le Québec sera en bonne compagnie à Farnborough, puisque toutes les provinces canadiennes y seront représentées. De plus, le ministre fédéral de l'Industrie Maxime Bernier visitera le salon lundi matin.

Récupération

Selon Charles Dieudé, le secteur québécois de l'aérospatiale a fini de récupérer de la crise provoquée par les attentats terroristes du 11 septembre 2001 et se porte généralement bien, même si tout n'est pas parfait.

«Le secteur est dominé par des industriels largement occupés», a-t-il indiqué.

L'industrie compte à peu près le même nombre d'employés qu'il y a cinq ans, soit environ 40 000 personnes.

À son avis, il faut éviter de lier le sort du secteur à celui de la Série C, ce projet d'une nouvelle famille d'avions d'environ 100 places que Bombardier a été contrainte de mettre sur la glace au début de l'année. D'ailleurs, si l'on en croit M. Dieudé, la reprise de cet ambitieux programme est loin d'être impossible. Le fonctionnaire s'attend d'ailleurs à ce que son avenir soit abordé à Farnborough.

Au ministère du Développement économique, on refuse de dire si la foire donnera lieu à la signature de contrats importants. «Il n'y a rien de confirmé, mais on y est très attaché», a cependant confié le responsable.

La foire permettra par ailleurs aux représentants du Québec de faire le point sur les relations entre les grands joueurs mondiaux. Les entrepreneurs auront aussi l'occasion de faire plus ample connaissance et peut être de se trouver des intérêts communs. En trois jours, Farnborough verra notamment défiler des dirigeants de Bombardier, de CAE, des services techniques d'Air Canada, de Héroux Devtek, de Pratt&Whitney Canada et d'une série de PME. Ils bénéficieront d'un pavillon plus grand que jamais pour se côtoyer.