Bois d'oeuvre - L'entente est parfaitement acceptable, selon le ministre Bachand

Le ministre du Développement économique, Raymond Bachand
Photo: Jacques Grenier Le ministre du Développement économique, Raymond Bachand

Québec — L'industrie forestière québécoise a tout intérêt à accepter l'entente canado-américaine sur le bois d'oeuvre, a soutenu hier le ministre du Développement économique, Raymond Bachand.

«Je pense que c'est un bon "deal" pour le Québec», a souligné à la Presse canadienne M. Bachand, qui était demeuré fort discret sur la question depuis la signature de l'entente entre Washington et Ottawa samedi dernier. À l'instar du négociateur en chef du gouvernement du Québec dans ce dossier, Pierre Marc Johnson, le ministre se dit convaincu que l'industrie québécoise du bois d'oeuvre tirera profit de l'accord.

L'entente est bonne pour l'ensemble des entreprises, mais certaines d'entre elles, notamment les PME frontalières de sciage, en bénéficieront encore davantage, a précisé M. Bachand. «Nous en avons 26 au Québec qui entrent dans un marché à peu près libre à compter de maintenant», a-t-il dit.

En vertu de l'accord proposé, les compagnies canadiennes pourront se faire rembourser quatre des cinq milliards versés en droits compensatoires depuis 2002.

Le ministre invite les représentants de l'industrie à ne pas se laisser distraire par la clause de sauvegarde permettant à l'une ou l'autre des parties de signifier un préavis de résiliation après 23 mois afin de mettre fin à l'entente 13 mois plus tard. «Dans les traités internationaux, il y a toujours une clause de dénonciation, même dans le cas des ententes s'étalant sur 20 ans», a-t-il fait remarquer.

N'empêche que cette clause ne figurait pas à l'accord de principe du mois d'avril qui prévoyait plutôt une entente ferme de sept ans, avec possibilité de prolongement de deux ans. L'ajout du mécanisme de résiliation a d'ailleurs été condamné par le président du Conseil de l'industrie forestière du Québec (CIFQ), Guy Chevrette.

À l'évidence, il ne s'agit pas d'une entente parfaite, a reconnu le ministre Bachand. «Mais il n'y a pas d'entente parfaite en matière commerciale», a-t-il tenu à ajouter.

L'accord offre néanmoins l'occasion à l'industrie québécoise du bois d'oeuvre de reprendre de la vigueur après des années de perturbations, a analysé le ministre. «Je souhaite que les entreprises acceptent l'entente afin que l'on puisse passer à des choses plus importantes, comme la consolidation, la modernisation et le réinvestissement [...] L'incertitude a un coût», a dit M. Bachand.

Le sort de l'entente repose maintenant entre les mains des grands joueurs de l'industrie canadienne qui divergent cependant d'opinion sur la valeur de l'accord.

Les critiques les plus virulentes proviennent de la Colombie-Britannique, où le gouvernement provincial a indiqué qu'il ne pouvait pas appuyer l'entente. À Ottawa, les partis d'opposition ont également dénoncé l'accord, accusant le premier ministre Stephen Harper d'avoir plié devant les Américains.

Irrité par ce débat politique, le ministre Bachand a dit espérer que le dossier du bois d'oeuvre ne donne pas lieu à un «dérapage vers la partisanerie».

Au Québec, le CIFQ prendra officiellement position la semaine prochaine, après une assemblée de ses membres.