Bikini Village peut rêver de profits

Après des années de tourmente et de réorganisation, le groupe Bikini Village — anciennement Boutiques San Francisco — se dit sur le point de renouer avec les profits et même avec la croissance.

Le détaillant de maillots de bain est l'héritier de l'entreprise fondée en 1978 par Paul Delage Roberge. À son apogée, la société comptait plus de 4000 employés dans quatre grands magasins et des centaines de boutiques de six enseignes différentes dont Victoire Delage, Frisco, West Coast et San Francisco.

Depuis 2003, la compagnie s'est progressivement délestée de toutes ses bannières, puis des Ailes de la mode, qui ont été cédées il y a près d'un an pour 6,2 millions.

Cette transaction et la restructuration du capital qui en a découlé ont permis à Bikini Village de se débarrasser de sa dette et de se concentrer sur ses activités les plus rentables.

Hier, le p.-d.g. de l'entreprise, Leslie Glazerman, s'est dit confiant d'atteindre ses objectifs pour 2006. «J'aime les profits», a-t-il insisté à l'issue de l'assemblée annuelle des actionnaires, dans la région de Montréal.

«La compagnie devait faire ce qu'elle a fait. Nous sommes maintenant en bien meilleure position», a-t-il souligné.

Afin de croître, le détaillant veut entre autres diversifier sa clientèle en offrant des maillots et accessoires aux hommes et femmes de toutes tailles et non seulement aux mannequins. «Nous voulons être plus qu'un kiosque de bikini pour top modèles», assure le p.-d.g.

Le comptable qui a dirigé une société de logiciels a par ailleurs laissé savoir qu'il réfléchissait actuellement à la meilleure manière de faire prospérer l'entreprise et qu'il n'excluait ni acquisition ni alliance.

Bikini Village compte actuellement 57 magasins au Québec et en Ontario.

Au premier trimestre, la compagnie a vu ses ventes croître de plus de 10 % et sa perte fondre à 17 000 $, comparativement à 21,8 millions en 2005. M. Glazerman attend maintenant la fin du deuxième trimestre avant d'établir sa stratégie.

Il a toutefois précisé que Bikini Village ciblerait d'abord le marché de l'Ouest canadien, si ses efforts continuaient à donner les résultats escomptés.

Consolidation d'actions

Le conseil d'administration devrait par ailleurs réfléchir au cours des prochains mois à l'opportunité de consolider les actions de l'entreprise inscrite au TSX. Actuellement, il y a près de 173 millions d'actions de la société en circulation, dont 154 millions sont issues de la conversion de la dette. «C'est beaucoup pour une petite compagnie», a reconnu le fondateur et président du conseil, Paul Delage Roberge.

Hier à la Bourse de Toronto, l'action de Bikini Village a clôturé au même prix que la veille, soit 0,10 $.