La Corée du Nord et l'Iran poussent le brut à des niveaux records

Sur le New York Mercantile Exchange, le baril de light sweet crude a terminé en hausse de 1,26 $ à 75,19 $. Il est monté en séance jusqu’à 75,40 $, un record historique depuis le début de sa cotation à New York en 1983.
Photo: Agence France-Presse (photo) Sur le New York Mercantile Exchange, le baril de light sweet crude a terminé en hausse de 1,26 $ à 75,19 $. Il est monté en séance jusqu’à 75,40 $, un record historique depuis le début de sa cotation à New York en 1983.

New York — Les prix du pétrole ont battu hier à New York un nouveau record historique, portés par les tensions géopolitiques et les inquiétudes sur l'approvisionnement en essence aux États-Unis.

Sur le New York Mercantile Exchange (Nymex), le baril de light sweet crude pour livraison en août a terminé en hausse de 1,26 $ à 75,19 $. Il est monté en séance jusqu'à 75,40 $, un record historique depuis le début de sa cotation à New York en 1983.

Le précédent record datait du 21 avril dernier, où le baril avait atteint 75,35 $ en séance et clôturé à 75,17 $.

Le contrat pour livraison en septembre est monté en séance jusqu'à 76,20 $, celui d'octobre jusqu'à 76,80 $ et celui de novembre jusqu'à 77,25 $.

Le baril de pétrole Brent a aussi franchi hier à Londres le seuil de 74 $ pour la première fois depuis deux mois, pour clôturer à 73,98 $, à moins d'un dollar de son record historique, le 2 mai dernier (74,97 $).

«La géopolitique continue d'attirer l'attention du marché pétrolier», a commenté Kevin Norrish, analyste à la banque Barclays Capital. «Bien qu'elle ne soit pas directement liée au marché de l'énergie, l'annonce du tir d'essai de sept missiles nord-coréens a peut-être ajouté à la prise de conscience que la géopolitique mondiale est actuellement dans un état de fortes turbulences», a-t-il estimé.

La Corée du Nord a procédé hier au tir d'essai de sept missiles, dont un engin à longue portée qui aurait pu atteindre le territoire américain.

Si les analystes relativisaient l'impact de ces tirs sur les prix du pétrole, le pays n'étant pas producteur d'or noir, «cette nouvelle a ajouté aux tensions et à l'incertitude géopolitique mondiale», soulignait Mike Fitzpatrick, de Fimat.

Les tensions actuelles avec l'Iran sur son dossier nucléaire restent l'une des principales sources d'inquiétude du marché, qui craint une réduction des exportations de ce gros producteur de pétrole.

Or selon Fadel Gheit, analyste chez Oppenheimer, la «crise nord-coréenne», pourrait compliquer encore la situation iranienne: l'Iran pourrait répliquer, en cas de sanctions de la communauté internationale, que celle-ci ferait mieux de porter son attention sur d'autres pays comme la Corée du Nord, a-t-il expliqué en substance.

Le négociateur iranien sur le nucléaire, Ali Larijani, a tenté hier de gagner du temps en reportant une rencontre avec le diplomate européen Javier Solana, mais ce dernier ne lui a donné qu'un jour de plus, jusqu'à aujourd'hui, pour réagir à l'offre de coopération récemment offerte par six grandes puissances à Téhéran.

Selon les analystes de Fimat, tant que les incertitudes géopolitiques ne seront pas levées, les prix du pétrole devraient rester soutenus.

À ces craintes s'ajoutaient celles liées à l'approvisionnement en essence aux États-Unis, dans un contexte où la demande reste forte et où les stocks sont inférieurs à leur niveau de l'an dernier.

Le marché attendait le rapport hebdomadaire qui sera publié aujourd'hui par le département américain de l'Energie (DoE), soit un jour plus tard que d'habitude en raison de la fête nationale américaine mardi, jour férié aux États-Unis.

«Les prix ne devraient pas trop reculer avant ce rapport, qui pourrait montrer que la tendance reste à la baisse pour les stocks d'essence et à la hausse pour la demande de carburant», a pronostiqué Michael Davies, analyste à la maison de courtage Sucden.

Selon Phyl Flinn, chez Alaron Trading, «les investisseurs ont certainement anticipé que le niveau de la demande devrait rester très élevé, en raison du long week-end du 4 juillet», qui a vu des millions d'Américains prendre la route.