Inco-Falconbridge - L'Union européenne autorise la fusion à certaines conditions

Toronto — Les autorités réglementaires de l'Union européenne (UE) ont donné leur aval, hier, au projet de fusion entre Inco et Falconbridge, à la condition toutefois qu'une affinerie de nickel située en Norvège soit vendue pour des motifs de concurrence.

Cette décision de l'UE, longuement attendue par les deux entreprises concernées, est survenue la journée même où le ministère canadien de l'Industrie prolongeait de 30 jours son examen d'une offre d'achat proposée par la société minière anglo-suisse Xstrata pour Falconbridge.

Inco et Falconbridge tentent depuis l'automne dernier de concrétiser leur fusion. Les délais pour l'obtention des approbations réglementaires ainsi que le dépôt d'offres concurrentes, notamment de la part de Xstrata, ont incité les deux sociétés canadiennes à revoir leurs plans et à conclure la semaine dernière une entente avec la société américaine Phelps Dodge. Celle-ci propose d'acquérir à la fois Inco et Falconbridge, dans le cadre d'une transaction évaluée à 40 milliards $US.

Teck Cominco, une entreprise de Vancouver, offre pour sa part 17,8 milliards $CAN pour Inco, à la condition cependant que celle-ci renonce à acquérir Falconbridge.

L'enquête menée par les autorités réglementaires européennes a confirmé que la fusion d'Inco et de Falconbridge créerait des problèmes de concurrence sur certains marchés du nickel et du cobalt européens. La commission de l'UE a cependant ajouté pouvoir donner le feu vert à cette union si Falconbridge mettait à exécution son projet de vente de l'affinerie de nickel Nikkelverk, située en Norvège, à LionOre Mining International.

«Nous sommes ravis de la conclusion de l'examen [...] de la commission et du feu vert donné à la combinaison d'Inco et de Falconbridge», a déclaré le président et chef de la direction d'Inco, Scott Hand.

«Nous pouvons maintenant aller de l'avant avec notre offre d'achat de Falconbridge», a-t-il ajouté.

Par ailleurs, dans un communiqué, Xstrata a indiqué avoir été informée par la division de l'examen des investissements du ministère fédéral de l'Industrie que «le ministre chargé de l'application de la Loi sur Investissement Canada ne peut terminer l'examen de l'investissement de Xstrata, dans le cadre de l'acquisition proposée de Falconbridge, dans le délai initial de 45 jours».

«Comme le prévoit la loi, le ministre a donc prolongé de 30 jours le délai d'examen, à compter du 3 juillet 2006.»

Xstrata a précisé qu'une décision pouvait donc être rendue à tout moment au cours de ce délai d'examen additionnel.

Xstrata possède déjà 20 % de Falconbridge et souhaite acquérir la portion qu'elle ne détient pas.