Marché boursier - Bay Street réussit un autre gain substantiel

L'indice principal de la Bourse de Toronto affichait sa deuxième hausse marquée consécutive, hier, grâce aux ressources naturelles et à Research in Motion, la société ontarienne qui publiait de forts résultats tard jeudi.

À la Bourse de Toronto, le S&P/TSX a grimpé de 91,96 points, à 11 612,87, au lendemain d'un bond substantiel de 188,59 points. «Nous avons vu une réaction très enthousiaste jeudi, or c'était peut-être trop et en plus trop tôt», a commenté Fred Ketchen, de la filiale de courtage de la Banque Scotia. À l'approche de congés, soit lundi au Canada et mardi aux Ètats-Unis, le public investisseur a opté pour la prudence hier, explique-t-il.

Aux États-Unis, la journée était tranquille, les investisseurs boursiers s'en tenant aux gains de la veille, obtenus alors que la Réserve fédérale (Fed)donnait l'impression qu'elle cesserait bientôt d'augmenter les taux d'intérêt.

Le dollar canadien a chuté de 38 centièmes à 89,59 ¢US, après être monté le matin jusqu'à 90,16 ¢US dans la foulée d'une forte hausse jeudi.

À la cote new-yorkaise, le brut léger pour livraison en août s'est apprécié de 41 ¢US à 73,93 $US le baril, après avoir passé un moment la barre des 74 $US.

Pour sa part, la Bourse de New York a terminé en baisse hier, l'indice du Dow Jones perdant 0,4 % tandis que le Nasdaq a reculé de 0,1 %. Au terme des échanges, le Dow Jones a cédé 40,58 points à 11 150,22 points et l'indice composé du Nasdaq 2,29 points à 2172,09 points. L'indice élargi Standard and Poor's 500 a lâché 0,2 % (-2,67 points) à 1270,20 points.

Les indices ont passé l'essentiel de la séance à faire du surplace. «Ce n'est pas parce que le marché manquait de catalyseur», ont souligné les analystes de Briefing.com, «mais cela semble plutôt être dû au fait que les opérateurs étaient passés en mode "vacances" à l'approche de la fête du 4 juillet».

Wall Street clôturera trois heures plus tôt que d'habitude lundi et sera fermée mardi pour cause de fête américaine de l'indépendance.

Du côté des bonnes nouvelles, le Dow Jones a profité de l'évocation d'une alliance entre le constructeur automobile General Motors et les constructeurs français Renault et japonais Nissan.

Des «signaux contradictoires sur l'inflation» ont en revanche refroidi l'ardeur des courtiers, selon Al Goldman, analyste chez AG Edwards.

L'indice mesurant les prix lié aux dépenses de consommation (PCE) est ainsi ressorti conforme aux attentes, même si toujours légèrement au-dessus de ce que la Réserve fédérale juge acceptable. L'inflation de base (hors énergie et alimentation) a en effet progressé de 2,1 % en mai sur un an.

Parallèlement, l'indice mesurant les prix payés (une des composantes du PMI des directeurs d'achats de la région de Chicago) a bondi à 89 points contre 76,9 le mois précédent, revenant aux niveaux de juillet 1988. «Si nous continuons à voir des données inflationnistes comme celles d'aujourd'hui, il n'est pas impossible que le mois d'août nous amène une nouvelle hausse de taux», a commenté Art Hogan, analyste chez Jefferies.

Le marché avait nettement progressé jeudi, rassuré par la teneur du communiqué de la Fed publié à l'issue de sa réunion de comité de politique monétaire. Ce communiqué avait été perçu comme laissant la porte ouverte à une éventuelle pause dans le cycle de relèvement des taux d'intérêt américains. Les investisseurs tablaient jusqu'alors dans leur très grande majorité sur une nouvelle hausse en août.

Sur le marché obligataire, le rendement du bon du Trésor à 10 ans a baissé à 5,14 % contre 5,20 % jeudi soir, et celui à 30 ans à 5,19 % contre 5,25 %.