Axa rachète le suisse Winterthur

Winterthur, maintenant propriété de l’assureur français Axa,  est présent dans 17 pays et compte 13 millions de clients dans le monde.
Photo: Agence France-Presse (photo) Winterthur, maintenant propriété de l’assureur français Axa, est présent dans 17 pays et compte 13 millions de clients dans le monde.

Paris — En rachetant au prix fort la compagnie d'assurances suisse Winterthur au Crédit Suisse pour 7,9 milliards d'euros en comptant, le français Axa conforte sa place parmi les grands assureurs mondiaux et poursuit son expansion géographique.

Axa, qui va également refinancer un milliard d'euros de dettes de Winterthur, déboursera au total 8,9 milliards d'euros, grâce à une augmentation de capital de 4,1 milliards et des emprunts de 4,8 milliards.

«C'est une très belle occasion. En une seule fois, nous pouvons consolider notre position sur cinq marchés [...], nous étoffons notre présence sur le marché helvétique et nous accélérons notre développement en Europe de l'est où nous n'étions pas», a souligné le p.-d.g. du groupe Henri de Castries lors d'une conférence de presse.

Axa conforte par cette opération sa place de premier assureur européen et de troisième assureur mondial, en termes de capitalisation boursière, derrière l'américain AIG et le néerlandais ING.

Winterthur est présent dans 17 pays et compte 13 millions de clients dans le monde. Il s'inscrit parmi les 10 premiers assureurs généralistes européens avec une place de numéro un en Suisse et une présence bien établie en Allemagne, en Espagne, au Benelux et au Royaume-Uni. Il est également présent dans plusieurs pays d'Asie. En Europe de l'est, grâce à cette acquisition, Axa va figurer directement parmi les cinq premiers assureurs.

Cela fait deux ans que le Crédit Suisse avait décidé de vendre Winterthur, afin de se recentrer sur son métier de banquier, et il avait déjà eu des contacts avec Axa. Axa, qui a enregistré en 2005 un bénéfice record de 4,17 milliards d'euros pour un chiffre d'affaires de 71,67 milliards d'euros, disposait en effet d'une assise financière confortable pour se lancer dans des acquisitions d'envergure.

Reste à savoir si cette offensive d'Axa va déclencher une vague de consolidation chez les grands de l'assurance. D'après Laura Santori, analyste crédit chez Standard and Poor's (SP), «il n'y a pas beaucoup de cibles disponibles en Europe». Michael Diekmann, président du bancassureur allemand Allianz, maison mère du français AGF, avait pour sa part déclaré début juin qu'il s'attendait plus à des rapprochements «transatlantiques» qu'intra-européens.