L'offre bonifiée de Mittal fait grimper le titre d'Arcelor

En annonçant qu’il relevait son offre de plus d’un tiers pour la porter à 25,8 milliards d’euros, contre 18,6 milliards jusqu’à présent, Mittal Steel a provoqué une envolée du titre Arcelor à la Bourse de Paris.
Photo: Agence France-Presse (photo) En annonçant qu’il relevait son offre de plus d’un tiers pour la porter à 25,8 milliards d’euros, contre 18,6 milliards jusqu’à présent, Mittal Steel a provoqué une envolée du titre Arcelor à la Bourse de Paris.

Paris — L'amélioration de l'offre de Mittal sur Arcelor était accueillie favorablement par les opérateurs boursiers hier, qui voyaient là une chance pour le numéro un mondial de l'acier de rallier à sa cause les actionnaires réticents de son concurrent européen.

En annonçant qu'il relevait son offre de plus d'un tiers pour la porter à 25,8 milliards d'euros, contre 18,6 milliards jusqu'à présent, Mittal Steel a provoqué une envolée du titre Arcelor à la Bourse de Paris.

La rapidité avec laquelle Mittal a finalement choisi hier de relever son offre, ouverte juste la veille, a surpris les investisseurs. «Généralement, on attend une quinzaine de jours avant de relever son offre, ne serait-ce que pour ramasser quelques titres», faisait remarquer un stratégiste actions parisien.

Mais, avançait-il, «peut-être Mittal a-t-il eu de mauvais retours dès la fin de la première journée...»

Pour un courtier d'une grande banque, «Mittal pourrait aussi avoir eu vent d'une possible manoeuvre d'Arcelor pour faire entrer à son capital un gros actionnaire gênant».

Cela aurait pu l'obliger à frapper un grand coup, expliquait-il, alors que la presse se faisait l'écho à la mi-mai de négociations entre Arcelor et le complexe sidérurgique russe Magnitogorsk (MMK). «De toute façon, si Mittal voulait vraiment racheter Arcelor, il devait un jour ou l'autre augmenter son prix», estimait un analyste, soulignant la nécessité absolue de séduire des actionnaires réticents.

Un but dont Mittal pourrait s'être rapproché, estimaient les opérateurs.

Car le groupe de Lakshmi Mittal ne s'est pas contenté de relever son offre. Il a aussi renoncé à détenir la majorité du groupe fusionné, alors qu'en France, au Luxembourg et en Espagne, des inquiétudes s'étaient manifestées face au risque de voir passer un fleuron européen sous le joug d'un groupe dirigé par un Indien.

Mittal a dans le même temps proposé une part en cash plus importante. Mais cela sera-t-il suffisant pour séduire des actionnaires très mobilisés? «Cela reste un mystère», avoue le stratégiste parisien.

Si certains jugent qu'il sera très difficile de rejeter une offre améliorée de plus d'un tiers, d'autres rappellent qu'Arcelor a toujours posé comme condition à toute discussion une offre entièrement en liquide.