Mittal devra céder Dofasco s'il acquiert Arcelor

Washington — Les services de la concurrence du ministère américain de la Justice ont conditionné leur feu vert à une acquisition du groupe sidérurgique européen Arcelor par son concurrent Mittal à une cession du canadien Dofasco ou à celle d'autres actifs s'il ne peut pas vendre Dofasco, ont-ils annoncé hier.

Le ministère a précisé dans un communiqué qu'il était arrivé à un accord avec Mittal «qui apporte une solution à toutes les questions en matière de respect de la concurrence» si Mittal parvient à prendre le contrôle d'Arcelor. «Selon cet accord, le ministère va continuer à enquêter sur les implications en matière de concurrence d'une combinaison entre Mittal et Arcelor, les deux premiers producteurs d'acier mondiaux».

«L'accord demande à Mittal de céder Dofasco, actuellement contrôlé par Arcelor, à ThyssenKrupp AG dans le cas où le ministère arriverait à la conclusion que la fusion de Mittal et d'Arcelor se traduit par un affaiblissement de la concurrence», sur le marché de l'acier. Le ministère indique toutefois que «si Mittal est dans l'impossibilité de vendre Dofasco, l'accord demande à Mittal de céder d'autres actifs à un acheteur qui sera considéré comme acceptable par le ministère».

Wilbur Ross, membre du conseil d'administration de Mittal, avait récemment affirmé que «nous n'avons pas besoin de Dofasco, mais nous n'attendons pas de problèmes de concurrence insolubles si nous devons le garder».

Mittal a annoncé en janvier son intention de racheter Arcelor, une opération contre laquelle ce groupe se défend bec et ongles. Arcelor est depuis le début de l'année propriétaire du canadien Dofasco, et a transféré la société à une fondation de droit néerlandais, une manoeuvre qui empêchera le cas échéant Mittal de disposer de cet actif.

Mittal s'était en effet mis d'accord avec l'allemand ThyssenKrupp pour lui céder Dofasco une fois Arcelor racheté.

Mittal avait fait part plus tôt dans la journée de l'accord donné par les autorités antitrust américaines et souligné que «si Mittal Steel est dans l'impossibilité de vendre Dofasco à ThyssenKrupp du fait du transfert réalisé par Arcelor [...] il pourrait à la place répondre aux éventuelles inquiétudes du point de vue du respect de la concurrence en vendant d'autres actifs». Le ministère de la Justice américain précise que compte tenu de cet accord conditionnel Mittal peut poursuivre son offre publique d'achat sur Arcelor. Mittal doit encore obtenir l'accord des autorités européennes de la concurrence.

La Commission européenne avait annoncé mercredi qu'elle repoussait d'un peu plus de deux semaines au 7 juin sa décision relative à la fusion des deux géants de l'acier.