Une nouvelle compagnie aérienne voit le jour à Québec

Québec — Le transport aérien dans la capitale et l'est du Québec compte désormais un nouveau joueur. À compter de la mi-décembre, le voyagiste Maestro proposera des vols à destination de l'Europe, du Mexique et des Caraïbes tout en invitant les touristes européens à se rendre dans la région.

Le voyagiste, dont le siège social et les activités seront basées dans la capitale, prévoit générer 46 millions de retombées au cours de sa première année d'exploitation. Deux appareils, pouvant accueillir entre 210 et 240 passagers, seront mis à contribution.

Maestro se spécialise dans le voyage touristique, secteur où la compagnie Air Transat est très active à Québec. Mais en entrevue avec Le Devoir, le président de l'entreprise, Michel Mordret, d'ailleurs un ancien vice-président d'Air Transat, a souligné que son intention n'était pas de nuire à son ex-employeur. «Nous ne sommes pas une compagnie comme les autres. La dernière chose que nous voulons, c'est lancer une guerre de prix qui va nuire à tout le monde. Nous souhaitons miser sur la complémentarité, voire des partenariats.»

Maestro, a-t-il expliqué, entend tenir compte de la fragilité du secteur dans la capitale. «C'est un projet qui n'aurait pas présenté d'intérêt à Montréal ou à Toronto mais qui est défini par rapport à Québec, telle qu'elle est, c'est-à-dire une ville enclave, avec des infrastructures et des besoins particuliers.»

Le président de la Chambre de commerce de Québec, Pierre Dolbec, espère que l'arrivée de Maestro aura un effet stabilisateur sur les activités de l'aéroport. «Ils se sont donné la marge de manoeuvre nécessaire de sorte que, s'il y a une période creuse, ils vont être capables de passer au travers. Nous apprécions aussi beaucoup le fait qu'ils soient basés à Québec.»

Cette marge de manoeuvre repose notamment sur l'association du voyagiste avec le transporteur ICC-Aviotek, a expliqué M. Mordret. «Cela va nous permettre de maîtriser nos activités aériennes. Nous ne serons pas à la merci de gens qui ont d'autres priorités que Québec pour leurs avions.» ICC-Aviotek n'a pas encore obtenu les certifications du ministère fédéral des Transports pour utiliser ses appareils, mais M. Mordret a dit compter les obtenir sous peu.

Une bonne nouvelle pour l'aéroport

Outre l'Europe et les pays du Sud, Maestro souhaite offrir des déplacements vers différentes villes canadiennes, dont Vancouver, ce qui constitue une bonne nouvelle pour l'aéroport Jean-Lesage, qui cherche à offrir à sa clientèle d'affaires une meilleure desserte aérienne à l'intérieur vers le reste du Canada et les États-Unis.

La desserte aérienne et l'achalandage à l'aéroport de Québec sont des enjeux importants dans la capitale. Même si l'aéroport a connu une année record l'an dernier, avec 771 000 voyages, il a perdu l'équivalent du tiers de sa clientèle au profit de Montréal. «Nous avons toujours un problème de fuites vers Montréal pour toutes sortes de raisons», a expliqué le directeur du développement de l'aéroport, Pascal Bélanger. «Par manque de connaissances ou pour des questions de tarifs, 350 000 passagers ont pris leur voiture pour aller prendre l'avion à Montréal l'an dernier.»

La direction de l'aéroport de Québec se prépare en outre à lancer un plan de modernisation de 65,8 millions de dollars. L'administration aéroportuaire investira 35,8 millions et a réclamé 15 millions de chacun des deux ordres de gouvernement. Dans son dernier budget, le gouvernement provincial s'est engagé à en consentir 10 et on attend le prochain budget fédéral pour savoir quelle sera la contribution d'Ottawa.

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