Parmalat: le fondateur demande pardon et met en cause les banques

Le fondateur de Parmalat, Calisto Tanzi, au tribunal.
Photo: Le fondateur de Parmalat, Calisto Tanzi, au tribunal.

Milan — Calisto Tanzi, fondateur du groupe Parmalat et principal accusé dans le procès du krach du groupe agroalimentaire italien, en cours à Milan, a demandé pardon hier et affirmé avoir mené le groupe à l'écroulement sous la conduite des banques.

«J'éprouve douleur et remords pour avoir nui à tant de personnes. À eux, je demande pardon, conscient que s'il m'est accordé, ce pardon n'effacera pas ma responsabilité devant la justice», a dit M. Tanzi lors de sa déposition devant le tribunal.

Calisto Tanzi, quinze de ses proches et les cabinets d'audit Grant Thornton, devenu depuis Italaudit, ainsi que Deloitte et Touche, sont jugés pour manipulation des cours de Bourse et fausses déclarations aux marchés financiers.

Retraçant son parcours à la tête du groupe depuis la fin des années 80, en passant par l'introduction en Bourse en 1990, M. Tanzi a dénoncé l'omniprésence des banques dans la gestion du groupe et leur connaissance de l'état catastrophique des finances de la société. «Ce n'est qu'après mon arrestation et dans les mois qui ont suivi que j'ai compris la finalité des opérations réalisées sous la conduite et avec les conseils de banques d'affaires internationales», a dit l'ancien patron du groupe agroalimentaire.

M. Tanzi juge avoir «vécu un rapport de drogué avec une grande partie des instituts de crédits», soulignant «n'avoir jamais eu réellement de problème pour accéder au crédit. Les banques étaient conscientes que les bilans ne reflétaient pas la vérité», a-t-il ajouté, rejoignant le diagnostic de l'actuel patron, Enrico Bondi.

Opérations bancaires

Le fondateur de Parmalat a aussi dit qu'il n'avait pas compris toutes les opérations montées par les banques et a affirmé ne pas savoir que les obligations à haut risque Parmalat étaient vendues à des particuliers. «Les banques nous considéraient "junk" [à haut risque] mais nous vendaient comme un investissement sûr», a-t-il ajouté, pointant en particulier la responsabilité de Bank of America.

Le scandale Parmalat a éclaté fin 2003 avec la découverte d'un trou d'environ 14 milliards d'euros dans la comptabilité du groupe, engloutissant les économies de quelque 135 000 épargnants. Les enquêtes ont montré que Parmalat était au bord du gouffre depuis de nombreuses années, ne survivant qu'au prix de grossières falsifications et grâce à des instruments financiers sophistiqués.