L'édition fait mal à TVA

Le Groupe TVA a vu son bénéfice net chuter de moitié au quatrième trimestre, de 45 % au terme de l'exercice 2005. Le secteur des magazines, en proie à une vive concurrence, est considéré comme le grand responsable de cette contre-performance.

Au quatrième trimestre clos le 31 décembre 2005, le Groupe TVA a comptabilisé un bénéfice net de 8,7 millions, ou de 32 ¢ par action, en recul par rapport à celui de 17,4 millions, ou de 56 ¢ par action, du trimestre correspondant de 2004. Cette baisse de 50 % est survenue malgré une hausse de 12 % des revenus d'exploitation, à 119,5 millions.

Ce faisant, pour l'ensemble de l'exercice, le bénéfice net du leader télévisuel québécois s'est établi à 28,4 millions, ou à 98 ¢ par action, contre 51,4 millions, ou 1,61 $ l'action un an plus tôt. Ici, le recul atteint les 45 % et contraste avec l'augmentation de 12 % des revenus entre les deux exercices, de 358 millions à 401,4 millions.

L'édition

Le secteur de l'édition a été particulièrement malmené, avec une perte d'exploitation de 4,7 millions au quatrième trimestre de 2005 alors qu'il avait plutôt inscrit un bénéfice d'exploitation de 3 millions au trimestre correspondant de 2004, et ce, malgré une stationnarité des revenus entre les deux périodes. Pour l'ensemble de l'exercice, le profit d'exploitation de 15,6 millions comptabilisé en 2004 dans ce segment a été ramené à 273 000 $ l'an dernier alors que les revenus étaient en légère hausse, à 77,1 millions contre 76,3 millions.

Dans son communiqué, TVA a rappelé la vive concurrence qui sévit dans le secteur des magazines au Québec et la volonté du groupe de protéger ses parts de marché. En octobre dernier le président du leader des cotes d'écoute, qui a à son bulletin 17 des 20 émissions les plus regardées l'an dernier, avait été plus explicite. «Les améliorations importantes apportées aux contenus et aux formats de nos magazines hebdomadaires et des prix en kiosque plus "agressifs" ont permis à nos publications d'augmenter le nombre d'exemplaires que nous vendons et ainsi préserver leurs parts de marché. Ces décisions stratégiques sont très coûteuses, mais nous croyons qu'elles sont nécessaires au maintien de la position de TVA au coeur du star-système québécois, position que nous sommes déterminés à maintenir», avait souligné le président et chef de la direction de cette filiale de Quebecor, Pierre Dion.

Dans le segment télévisuel, le bénéfice d'exploitation s'est replié de 21 % entre 2004 et 2005, de 66,6 millions à 52,4 millions, malgré une hausse de 13 % du revenu sectoriel, de 271,2 millions à 306,8 millions. Dans son communiqué, TVA a mis en exergue le lancement de ses nouveaux services numériques. «Nos chaînes spécialisées, en particulier LCN et Mystère, ont continué leur progression et nous en sommes très satisfaits», a commenté M. Dion. Dans la foulée le président a rappelé le travail de repositionnement de la station Toronto 1 (rebaptisée SunTV), achetée en août 2004. Évoluant dans un marché fortement segmenté, cette station n'a pas atteint l'auditoire prévu. «Mais tel que prévu, nous modifions et améliorons constamment son offre télévisuelle afin de lui permettre de prendre sa place dans le marché très compétitif de Toronto.»