La restructuration et une baisse des ventes creusent la perte de Shermag

D'importants frais de restructuration combinés à une diminution des ventes ont érodé la rentabilité du fabricant de meubles Shermag qui a enregistré une perte nette de 4,3 millions $, ou 32 ¢ par action, au troisième trimestre.

L'entreprise de Sherbrooke avait déclaré un bénéfice net de 2,3 millions, ou 17 ¢ par action, à la période correspondante l'an dernier.

D'après le p.-d.g. Jeff Casselman, les mises à pied et les fermetures d'usine ont coûté 3,1 millions au cours de la période de trois mois terminée le 30 décembre.

Shermag a dû transférer d'autres activités en Chine et investir dans ses établissements canadiens restants afin de s'ajuster à la vigueur du dollar canadien.

La devise a continué à faire mal à la société, qui exporte une partie importante de sa production aux États-Unis. Son chiffre d'affaires a fondu de 32 %, à 49 millions, alors qu'il était de 72,2 millions au troisième trimestre 2004-05.

Il faut cependant dire que Shermag avait vu ses ventes bondir l'an dernier après la résolution de conflits de travail dans ses usines du Québec.

Selon M. Casselman, la réorganisation de la société s'est avérée plus difficile que prévu. Le p.-d.g. reste toutefois convaincu de la pertinence de son plan. «Il faut transformer notre modèle d'affaires pour accroître nos marges brutes. Nous essayons, mais c'est une bataille ardue», a-t-il confié.

Dans son plan d'affaires 2006, Shermag avait prévu que le dollar canadien vaudrait environ 80 ¢US. Or, il vaut actuellement autour de 86 ¢US.

En conférence avec les analystes, le p.-d.g. a indiqué qu'environ 26 % des produits de la société seraient fabriqués en Asie en 2006 et que cette proportion grimperait à 35 % en 2007.

Shermag a annoncé il y a quelques semaines la fermeture de son atelier de rembourrage de Montréal et la mise à pied de 70 employés. La compagnie a en outre mis fin aux activités de sa scierie de Lac-Mégantic, où travaillaient 45 personnes. Quelque 165 autres employés ont été licenciés dans d'autres établissements de la société pendant le troisième trimestre.

Au cours des neuf premiers mois de l'exercice, la compagnie a dépensé 6,3 millions pour se restructurer. Ce montant devrait atteindre 10,6 millions pour l'année qui se termine en mars.

L'entreprise a perdu huit millions sur des ventes de 151 millions. Pour les trois premiers trimestres 2004, elle avait plutôt dégagé un bénéfice net de 3,8 millions sur des revenus de 178,3 millions.

Hier à la Bourse de Toronto, l'action de la société a perdu 30 ¢, soit près de 9 %, pour clôturer la séance à 3,05 $.