Pontiac Pursuit - Mieux vaut tard que jamais

En remplaçant la Sunfire par la Pursuit, Pontiac est passé d'un extrême à l'autre: de la pire voiture sur le marché — et l'une des plus laides, assurément — à une compacte enfin capable de se mesurer aux meilleures de sa catégorie. Le jour et la nuit, en somme.

Dire que la carrosserie de la défunte Sunfire avait mal vieilli est un euphémisme. Les choses devraient se passer beaucoup mieux avec la Pursuit, qui adopte un dessin plus sobre, mais néanmoins moderne et, ma foi, assez agréable. Chose rare, les stylistes semblent avoir été plus inspirés par la berline que le coupé. Mais dans un cas comme dans l'autre, ils nous ont fait grâce des innommables excroissances de plastique partout sur la carrosserie, «à la Pontiac». Merci, merci, merci!

Encore une fois, c'est le jour et la nuit si l'on compare avec l'habitacle de sa devancière. Tellement qu'on a peine à croire qu'il s'agit de la même marque... Présentation intérieure agréable, belle finition, qualité des matériaux en net progrès, on est loin de la Sunfire!

Malgré le progrès accompli, l'assemblage pourrait toutefois être plus serré: un examen approfondi laisse entrevoir quelques lacunes à ce chapitre. Le principal irritant concerne cependant les sièges avant, inconfortables à cause de ces satanés appuie-tête trop inclinés vers l'avant. Sinon, que du bon, tant au chapitre de l'habitabilité que de l'insonorisation. Et comme toujours chez GM, saluons l'excellente chaîne stéréo.

La Pursuit et sa jumelle, la Chevrolet Cobalt, peuvent dire un gros, gros merci à la branche allemande de GM, Opel, qui a fourni la plateforme. Cette compacte est aussi très bien servie par le 4-cylindres Ecotec de 2,2 litres: souple, silencieux et assez véloce, ce moteur ne souffre d'aucun complexe par rapport à ses homologues japonais. Mentionnons également le rendement impeccable de la boîte automatique — une autre spécialité GM — et de la direction, précise et bien dosée.

Lorsque le temps est venu de mesurer ses aptitudes routières, la berline mise à l'essai a tôt fait de nous rappeler à l'ordre: elle privilégie le confort d'abord. Sur ce plan, c'est réussi: la douceur de roulement n'a rien à envier à celle des réputées japonaises. En conduite sportive, ça se gâte, en raison de la souplesse des amortisseurs et du sous-virage prononcé. De plus, la Pursuit ne prise guère les freinages brusques: elle pique du nez et dévie de sa trajectoire.

La Pursuit est non seulement un pas dans la bonne direction, mais un pas de géant. Si GM l'avait lancée quelques années plus tôt, ses problèmes seraient peut-être moindres... Mieux vaut tard que jamais, dit-on; espérons que l'adage se confirmera pour le numéro 1 mondial, car il en va de sa survie.

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FICHE TECHNIQUE
- Moteur: 4 cyl 2,2 L
- Puissance: 145 ch
- 0 à 100 km/h: 10,5 s (aut.)
- Vitesse maximale: 195 km/h
- Consommation: 8,3 L/100 km
- Échelle de prix: 16 140 $ à 22 195 $

Collaborateur du Devoir