Hausse de 37 % de la facture du carburant - Air Canada retranche 600 postes

Pour Air Canada, l’exercice 2005 s’est soldé par un bénéfice net de 258 millions.
Photo: Jacques Grenier Pour Air Canada, l’exercice 2005 s’est soldé par un bénéfice net de 258 millions.

La flambée des prix du kérosène a fait ombrage à des résultats financiers autrement probants pour ACE Aviation à son premier exercice complet hors de la protection des tribunaux. La hausse de 37 % de la charge de carburant incite toutefois la société mère d'Air Canada à imposer à ses filiales une coupe de 20 % des effectifs non syndiqués, ce qui représente quelque 600 emplois.

«Je suis heureux de nos réalisations pour ce premier exercice complet depuis la levée de la protection de la LACC [Loi sur les arrangements avec les créanciers de compagnie]», a déclaré Robert Milton, p.-d.g. d'ACE Aviation. Cela étant, l'entreprise doit cependant «redoubler d'effort pour parvenir à une structure de coûts qui nous permette de maintenir notre rentabilité dans un contexte de prix de carburant records».

L'exercice 2005 s'est soldé par un bénéfice net de 258 millions, ou 2,63 $ par action, contre une perte de 880 millions un an plus tôt. Les résultats de 2004 comprenaient toutefois une charge de 871 millions relative aux éléments liés à la réorganisation et à la restructuration d'Air Canada, complétée avec son dégagement de la protection des tribunaux en septembre 2004. Le bénéfice d'exploitation de l'exercice s'est établi à 452 millions, «en dépit d'une augmentation de 592 millions ou 37 % de la charge de carburant par rapport à 2004. C'est là une amélioration de 335 millions par rapport à l'exercice 2004», a souligné l'entreprise, qui a vu ses revenus bondir de 10 % entre les deux exercices de comparaison, de 8,9 milliards à 9,83 milliards.

La hausse des frais de carburant «a représenté tout un défi», a martelé M. Milton. Au quatrième trimestre, ACE Aviation a dû inscrire une perte d'exploitation de 35 millions, comparativement à trois millions au trimestre correspondant de 2004, et une perte nette de 103 millions, contre un bénéfice net de 15 millions un an plus tôt, malgré un saut de 14 % des revenus, à 2,36 milliards. L'écart reflète essentiellement une augmentation de 146 millions, ou de 34 %, de la facture de carburant entre les deux trimestres.

Le p.-d.g. d'ACE Aviation a insisté: «Afin de multiplier les gains de productivité amenés par la transition vers le nouveau modèle commercial d'ACE et face à la difficulté du contexte lié aux coûts du carburant, les diverses entreprises d'ACE s'emploieront maintenant à réduire de 20 % leurs effectifs non syndiqués.» En appel-conférence, le chiffre de 600 emplois a été avancé. «Les réductions de postes d'encadrement et d'autres postes non syndiqués devraient avoir lieu essentiellement à Air Canada, à Air Canada Cargo, à Services au sol Air Canada et à Services techniques Air Canada au cours du premier semestre de 2006», a ajouté la société holding.

Primes aux employés

Ces résultats ont permis à ACE Aviation de verser 54,8 millions aux employés en primes au titre de ses régimes de participation aux bénéfices pour 2005. «En vertu du régime d'Air Canada, les employés toucheront au total 43,5 millions, dont 30 millions leur ont déjà été versés pendant l'année dans le cadre du programme d'intéressement mensuel "Une réussite partagée". Ces primes représentent 2,7 % du salaire moyen des employés [pour une prime globale de 1125 $], ce qui a permis de rattraper une bonne partie des compressions négociées d'en moyenne 3 % qui avaient frappé les salaires autres que ceux des pilotes pendant la restructuration d'Air Canada», a précisé Robert Milton.

Les employés de la filiale régionale Jazz, qui possèdent leur propre régime de participation, se partageront 11,3 millions en primes, dont quatre millions leur ont déjà été versés.