Conrad Black est impatient que s'amorce son procès

Chicago — L'ancien magnat canadien de la presse Conrad Black a fait savoir à Chicago, hier, qu'il était impatient que s'amorce son procès pour fraude et racket, et il a réitéré que tout le dossier n'était rien d'autre qu'une vaste campagne de dénigrement à son endroit.

Black ne subira son procès qu'en mars 2007 pour le rôle qu'il aurait joué dans le présumé détournement de plus de 84 millions des caisses de la société Hollinger International par un groupe de ses hauts dirigeants.

À l'issue de sa troisième comparution en Cour de district des États-Unis, hier, Black a toutefois dit qu'il souhaiterait voir le tout commencer plus tôt. «Je veux aller de l'avant, a-t-il déclaré à des journalistes au terme de l'audience. Je veux démontrer que cette affaire n'est qu'une imposture.»

Les avocats des deux côtés se sont affrontés au sujet de la procédure de saisie de documents et d'effets personnels de Black et d'un coaccusé, John Boultbee, ex-directeur financier de Hollinger.

Les avocats de Black ont tenté de faire invalider les ordres de saisie sous prétexte qu'ils n'étaient pas passés par les autorités canadiennes, comme l'exige un traité entre le Canada et les États-Unis. Les procureurs de l'accusation ont retiré les ordres de saisie, et ils ont reconnu ne pas avoir totalement respecté les dispositions du traité parce qu'ils craignaient la disparition de documents.

La juge Amy St.Eve a ordonné aux parties impliquées de ne retirer aucun document d'ici à ce que le traité ait été respecté.

Black aurait subtilisé les 13 boîtes de documents visées par la procédure de saisie dans les bureaux de Hollinger, en mai dernier, allant ainsi à l'encontre d'un ordre émis par un tribunal canadien afin qu'aucun document ne soit retiré sans autorisation. Il a ensuite rendu les documents.

Conrad Black, John Boultbee et deux autres anciens hauts dirigeants de Hollinger, Peter Atkinson et Mark Kipnis, sont accusés d'avoir détourné à leur profit plusieurs millions de dollars de Hollinger International, société autrefois propriétaire de plusieurs journaux au Canada, à Londres et Jérusalem, et qui détient toujours des journaux dans la région de Chicago. Tous ont plaidé non coupable.

Black s'expose à une peine maximale de 95 ans de prison, à des amendes de 7 millions et au remboursement des sommes qui auraient été obtenues de façon frauduleuse.