Mittal-Arcelor: un ministre indien dénonce la réaction des Européens

New Delhi — «C'est de la xénophobie», a affirmé hier le ministre indien du Commerce et de l'Industrie, Kamal Nath, en commentant les réactions de plusieurs gouvernements européens à l'OPA (offre publique d'achat) du géant de l'acier Mittal, dirigé par l'Indien Lakshmi Mittal, sur l'européenne Arcelor.

«Le gouvernement indien est très préoccupé. Nous voyons cela avec un sentiment de déception», a-t-il dit dans un entretien à l'Associated Press.

Il a prévenu que les réactions européennes pourraient affecter les discussions en cours à l'Organisation mondiale du Commerce. «Si la couleur de l'actionnaire, la nationalité de l'actionnaire ou le passeport de l'actionnaire doivent être regardés, alors nous donnerons de nouvelles définitions au traitement national», a-t-il averti.

L'affaire Mittal-Arcelor intervient alors que l'OMC tente de boucler le volet services du cycle de négociations de Doha sur la libéralisation des échanges. Les pays de l'Union européenne tentent de convaincre les autres pays d'offrir un «traitement national» aux compagnies étrangères qui investissent dans le secteur des services.

Mittal, dont le siège se trouve aux Pays-Bas, est dirigé par Lakshmi Mittal, né en Inde mais qui demeure en Grande-Bretagne, et largement contrôlé par sa famille.

Son OPA sur Arcelor a suscité des réactions assez vives en Europe, où le Luxembourg et l'Espagne ont manifesté leur opposition à la fusion, la France exprimé sa méfiance. Le premier ministre français, Dominique de Villepin, avait jugé l'offre «peu satisfaisante dans la forme» et ajouté qu'elle «pose problème sur le fond».

«Une nouvelle architecture de l'économie mondiale se dessine», a expliqué Kamal Nath. Les Européens «doivent s'y faire».

À Paris, le ministère des Affaires étrangères a seulement dit avoir pris note de la déclaration de M. Nath, se refusant à tout autre commentaire.