Automobile - GM répartit les sacrifices

Parmi une série de mesures annoncée hier, GM a décidé de réduire de moitié le salaire de son p.-d.g., Rick Wagoner. Celui-ci a rappelé hier la nécessité pour l’entreprise de «chercher de nouvelles manières pour réduire le risque financier e
Photo: Agence Reuters Parmi une série de mesures annoncée hier, GM a décidé de réduire de moitié le salaire de son p.-d.g., Rick Wagoner. Celui-ci a rappelé hier la nécessité pour l’entreprise de «chercher de nouvelles manières pour réduire le risque financier e

Detroit — Le groupe automobile General Motors (GM), actuellement en pleine restructuration, va exiger des sacrifices non seulement de ses salariés, mais aussi de ses actionnaires et dirigeants comme le demandait l'influent homme d'affaires Kirk Kerkorian.

Parmi une série de mesures annoncée hier, GM a décidé de réduire de moitié le salaire de son p.-d.g., Rick Wagoner, tout comme le dividende payé à ses actionnaires. Ce dividende n'avait plus été abaissé depuis le quatrième trimestre 1992, a précisé un porte-parole.

La décision a été prise dans la foulée de l'élection au conseil d'administration d'un proche conseiller de Kirk Kerkorian, Jerome York, qui réclamait une meilleure répartition des sacrifices entre salariés d'une part, actionnaires et dirigeants d'autre part.

Connu pour être un magnat des casinos à Las Vegas ou pour les studios de cinéma MGM (qu'il a revendus fin 2004 à Sony), Kirk Kerkorian est aussi un personnage incontournable du secteur automobile aux États-Unis, qui avait tenté en 1995 de prendre le contrôle de Chrysler. Au nom du holding Tracinda de M. Kerkorian — détenant 9,9 % de GM —, Jerome York avait demandé des gestes de bonne volonté à Rick Wagoner lors du salon automobile de Detroit en janvier, profitant du fort écho que lui assurait la présence de milliers de journalistes. Son appel a été entendu.

Mesures positives, mais tardives

«Je pense que GM allait prendre de telles décisions quoi qu'il en soit, mais les prises de position de Tracinda ont accéléré les choses», a commenté David Healy, de la maison de courtage Burnham Securities. Efraïm Levy, de l'agence Standard and Poor's, s'attendait depuis le printemps dernier à un geste sur le dividende. «Il fallait réduire d'au moins 50 % pour améliorer le niveau de la trésorerie», a-t-il ajouté.

Les mesures sont plutôt positives, quoique tardives, ont jugé la plupart des analystes.

Bill Ford, le p.-d.g. de Ford, avait décidé dès mai 2005 de renoncer à tout salaire d'ici au retour à une «rentabilité durable» de son groupe. Pour Rick Wagoner, «c'est vrai que la réduction du salaire aurait pu venir plus tôt, mais c'est un geste symbolique, ce n'est pas le plus important», a poursuivi Efraïm Levy.

Outre les réductions de traitements allant de 10 % à 50 % au sein de la direction, GM a aussi renoncé à tout paiement de primes aux dirigeants pour l'année 2005. L'an dernier, le groupe a déploré une perte nette de 8,6 milliards $US dont 5,6 milliards pour ses activités automobiles en Amérique du Nord, où 30 000 emplois seront supprimés d'ici à 2008.

Lourds sacrifices

Les sacrifices demandés aux salariés sont lourds. Après un accord l'automne dernier pour réduire les frais de santé des salariés et retraités, le groupe a annoncé hier qu'il plafonnerait désormais au niveau de ce qui est prévu pour 2006 ses dépenses médicales pour ses retraités américains. Cela concerne les employés salariés embauchés avant 1993.

Les retraites elles-mêmes vont subir des coupes. Le p.-d.g. de GM a promis des détails à ce sujet pour le mois prochain.

Les nouvelles réductions de dépenses de couverture sociale ne devraient pas entrer en vigueur avant 2007. Selon les analystes cela ne modifie pas l'objectif de GM de réaliser d'ici à la fin 2006 des économies annuelles de six milliards $US sur ses coûts structurels. «Ce sont des décisions difficiles impliquant des sacrifices de nos employés, actionnaires, retraités et de l'équipe de hauts dirigeants», a dit Rick Wagoner hier, citant la nécessité de «chercher de nouvelles manières pour réduire le risque financier et améliorer la compétitivité sur le long terme».

Ces nouvelles mesures interviennent alors que la direction de GM renégocie actuellement avec le syndicat de branche UAW des contrats de travail qui arriveront à échéance en 2007.