Les ventes des détaillants ont augmenté de 6,2 %

Les magasins québécois connaîtront probablement une année 2006 un peu moins bonne que la dernière, mais ils resteront néanmoins l'un des moteurs de l'économie québécoise, d'après le Conseil québécois du commerce de détail (CQCD).

S'appuyant sur une étude Geocom, l'organisme a prédit hier une croissance de 4,5 % des ventes au Québec au cours des mois qui viennent. Cela se compare à une augmentation de 6,2 % en 2005.

Selon le p.-d.g., Gaston Lafleur, la santé de l'économie américaine, une possible hausse du prix de l'énergie et une augmentation probable des taux d'intérêt pourraient inciter les consommateurs à mieux contrôler leurs dépenses au cours des mois qui viennent. Mais «la conjoncture économique actuelle demeure positive», a-t-il souligné.

L'an dernier au Québec, les ventes des magasins ont totalisé 83,1 milliards. Au Canada, elles se sont chiffrées à 368,7 milliards. Selon le CQCD, environ 60 % de ce montant est attribuable aux secteurs de l'alimentation et de l'automobile.

Parmi les domaines qui ont le mieux fait figurent les magasins d'accessoires de maison et les quincailleries, qui ont bénéficié de la vigueur de la construction résidentielle. Les stations-service ont pour leur part profité de la hausse des prix à la pompe, qui s'est traduite par un bon de 13,7 % de leur chiffre d'affaires. L'alimentation et les magasins de vêtements ont aussi vu leurs revenus augmenter de manière importante l'an dernier. Ces deux secteurs avaient cependant connu une année 2004 un peu faiblarde. «La grève à la SAQ avait réduit les ventes d'alcool», a rappelé M. Lafleur, lors d'un point de presse à Montréal.

L'analyse de Geocom est basée exclusivement sur des statistiques récoltées par d'autres organismes dont l'Institut de la statistique du Québec, Statistique Canada et le Conference Board du Canada. Ces organismes mesurent généralement les revenus par catégorie d'établissement et non par catégorie de produits. Les DVD vendus par Loblaws sont donc considérés comme des aliments, tandis que les ventes de nourriture chez Wal-Mart sont ajoutées aux revenus des grands magasins.

Cette façon de faire complique un peu l'interprétation des résultats et ne permet pas toujours d'identifier clairement les tendances, a reconnu Jean-François Grenier, qui a dirigé la recherche chez Geocom. Ainsi, la diminution de 5,1 % des revenus des «magasins de détail divers» en 2005 pourrait s'expliquer par une multitude de facteurs. Cette catégorie regroupe à la fois les fleuristes, les animaleries et les boutiques de cadeau, par exemple.

D'après M. Lafleur, il ne faut pas se servir des chiffres pour conclure que les magasins à 1 $ ne sont plus prisés des consommateurs ou que les Québécois ont acheté moins de chaussures l'an dernier.