Marchés boursiers - Toronto dégringole

Toronto — Un jour après avoir fermé une première fois au-dessus des 12 000 points, la Bourse de Toronto a subi une perte considérable hier. L’indice S&P/TSX a en effet dégringolé de 263,23 points, à 11 817,30.

Les responsables sont les secteurs qui, le plus souvent, la font prospérer et qui l'ont ramenée sur terre hier, soit l'énergie, les métaux de base et précieux; jusque-là en 2006, l'indice s'était apprécié de 7 %.

Mais ce n'est qu'un à-coup passager, pensent certains analystes, qui voient encore beaucoup de potentiel de hausse, étant donné la demande robuste pour l'énergie et les matières premières. Ces secteurs «seront toujours un élément volatil de notre marché», commente Avery Shenfeld, économiste à la Banque CIBC: mais «dans une perspective d'ensemble, grâce à la forte croissance en Asie, le moyen terme apparaît encore très favorable».

Emporté par le mouvement général de la journée, le dollar canadien a largué 53 centièmes, pour s'arrêter à 86,69 ¢US.

Gavin Graham, gestionnaire chez Fonds Guardian, remarque que «ce qui grimpait [lundi], c'est ce qui baisse le plus aujourd'hui [hier]. Et bien sûr, l'or qui tombe de 20 $US, ça n'aide pas». À la cote new-yorkaise, l'once de métal jaune a chuté de 19,50 $US, à 554,80 $US. Également au Mercantile Exchange, le pétrole brut léger pour mars est descendu de 2,02 $US, à 63,09 $US le baril, après avoir touché les 68 $US les jours précédents.

Les tensions géopolitiques s'estompent un peu et, aux États-Unis, plusieurs négociants tablent sur un bilan à la hausse des réserves de brut. Avec le temps doux prévalant jusqu'ici cet hiver, il est possible aussi que les réserves de mazout s'avèrent plus que suffisantes jusqu'au printemps.

À Bay Street, où l'indice sectoriel de l'énergie s'est replié de 4,6 %.

À New York

À Wall Street, le Dow Jones des 30 industrielles a chuté de 48,51 points, à 10 749,76, et le S&P 500 a glissé de 10,24 points, à 1254,78. Après une première partie d'échanges en demi-teinte, les indices se sont ensuite orientés en nette baisse. «Le mois de janvier a été très bon [pour les indices], les courtiers ont fait des affaires, mais maintenant ils sont nerveux», a commenté Al Kugel, analyste chez Atlantic Trust.

Les indices sont sous pression depuis plusieurs jours en raison de la perspective de voir la Réserve fédérale (Fed) américaine continuer à relever ses taux d'intérêt, ce qui a l'habitude de peser sur les marchés boursiers. Les indices ont aussi pâti de la baisse des valeurs pétrolières, elles-mêmes plombées par le net repli des prix du brut. D'autre part, les chiffres du crédit à la consommation de janvier sont ressortis inférieurs aux attentes des économistes.

Enfin, ajoutant encore aux pressions à la baisse, le taux de rendement du bon du Trésor à 10 ans est passé de nouveau hier sous le taux à deux ans, ce que beaucoup d'économistes interprètent comme un signe avant-coureur de fort ralentissement économique, voire de récession, même si les opinions divergent quant au degré de pertinence de cet indicateur.

Le rendement du bon du Trésor à 10 ans a avancé à 4,57 % contre 4,56 % lundi soir, et celui à 30 ans à 4,66 % contre 4,62 %.