Dylex, suite et fin

Le syndic RSM Richter a annoncé hier un règlement à l'amiable qui permettrait de clore le dossier Dylex. La faillite de ce qui fut jadis l'un des plus importants détaillants de vêtements au Canada traînait en longueur depuis que des poursuites avaient été intentées contre les ex-hauts dirigeants. Avec ce règlement, les créanciers auront récupéré au moins 60 ¢ pour chaque dollar.

Dans son communiqué diffusé hier, RSM Richter a donné les détails de ce règlement à l'amiable de 32 millions de dollars. La poursuite visait notamment l'ancien conseil d'administration de Dylex, certains de ses hauts dirigeants et les conseillers juridiques de Dylex. Elle «se rapportait à l'acquisition de Dylex par Hardof Wolf Group, le 15 mai 2001, qui avait mené Dylex à distribuer une partie importante de ses actifs à ses actionnaires», a précisé le syndic.

Gain de cause aux créanciers

Les créanciers, y compris les anciens employés du détaillant, auront eu gain de cause avec ce règlement, qui est conditionnel à l'obtention d'une ordonnance de la Cour supérieure de l'Ontario interdisant toute réclamation additionnelle relative à cette poursuite. «D'après les réclamations déposées dans cette cause, il est prévu que le syndic sera en mesure d'émettre un dividende supplémentaire de 42 ¢ à 45 ¢ par dollar à tous les créanciers qui détiennent des réclamations prouvées. Ce montant, considéré conjointement avec le dividende de 18 ¢ distribué précédemment [aux ex-employés], permettra aux créanciers de toucher entre 60 ¢ et 63 ¢ par dollar sur leurs créances», a souligné Richter.

John J. Swidler, président de RSM Richter, s'est réjoui de ce dénouement, qui se veut «particulièrement satisfaisant pour les quelque 5000 anciens employés et 1000 autres créanciers de Dylex qui finiront par recevoir, en recouvrement de leurs créances, une somme importante à même le produit du règlement».

Au moment de sa faillite, Dylex exploitait 259 magasins à prix réduits BiWay et 73 magasins de détail de vêtements mode pour dames Fairweather. Mais à son sommet, le détaillant exploitait plus de 775 magasins au Canada et aux États-Unis. L'entreprise n'a pas survécu au vent de consolidation qui a frappé l'industrie à la fin des années 1990. Des noms comme Eaton, Kmart Canada et Woolco ont également disparu sous l'effet Wal-Mart. Devant l'échec de son plan de relance, Dylex s'en est remis à la protection des tribunaux en août 2001, entraînant du coup quelque 3400 mises à pied.

Quelques mois plus tôt, les actionnaires de Dylex acceptaient une offre de rachat de l'homme d'affaires Hardof Wolf. Une société, créée par lui en décembre 2000, a ainsi payé 68 millions pour l'acquisition, soit 1,30 $ par action de Dylex. L'homme d'affaires souhaitait alors revendre les 71 magasins de vêtements pour femmes Fairweather et changer la bannière des 259 magasins BiWay, qui auraient alors été incorporés à la chaîne de magasins de bas prix de Hardof Wolf, Dollar Zones. Cette relance n'a pas eu lieu.

Dans l'intervalle, le syndic RSM Richter a dû procéder à l'examen de toutes les transactions effectuées par Dylex au cours des six à huit derniers mois ayant précédé son recours à la protection des tribunaux. Cette démarche est survenue après qu'un rapport d'un vérificateur désigné par le tribunal eut révélé que Dylex avait transféré, en juin 2001, un montant de 7,5 millions $US à une compagnie de New York, la marchandise n'ayant jamais été livrée.

Avec la Presse canadienne