Acier - Mittal-Arcelor: la Belgique réserve sa position

Bruxelles — Le gouvernement belge choisira demain une banque d'investissement qui le conseillera sur la position «rationnelle» à adopter par rapport à l'offre de rachat de Mittal sur son rival européen Arcelor, a indiqué hier le premier ministre belge, Guy Verhofstadt.

«Nous allons demain décider qui va être le conseiller des autorités belges» pour analyser le «projet industriel de Mittal et la réponse d'Arcelor» afin d'être en mesure de «prendre position dans les semaines qui viennent», a souligné M. Verhofstadt. Il a précisé que trois banques d'investissement avaient été approchées. La région wallone est actionnaire d'Arcelor à hauteur de 2,4 %.

«Ce qui est important pour nous, c'est que cette analyse soit faite et qu'on continue cette approche rationnelle et d'avoir un maximum de garanties au niveau de l'emploi, de la production, de l'investissement et de l'innovation et de la recherche dans notre pays», a-t-il ajouté.

Les autorités belges sont les seules à ne pas s'être officiellement prononcées sur l'OPA hostile lancée le 27 janvier par le géant mondial de l'acier Mittal Steel sur son rival européen Arcelor, pour un montant de 18,6 milliards d'euros. La France et le Luxembourg, ainsi que l'Espagne, ont en revanche exprimé leur opposition à cette opération, redoutant des licenciements importants et déplorant l'absence de projet industriel clair.

Rencontres

Le premier ministre belge s'exprimait à l'issue d'une réunion d'une heure et demie avec Lakshmi Mittal, le patron de Mittal, lequel n'a fait aucune déclaration à la presse à sa sortie.

Dans la matinée, M. Verhofstadt avait rencontré, aux côtés des présidents des régions wallonne, le socialiste Elio Di Rupo, et flamande, le chrétien-démocrate Yves Leterme, le patron du géant de l'acier Arcelor, Guy Dollé. Selon M. Di Rupo, la Belgique «a obtenu des compléments d'information», ainsi qu'«un certain nombre d'engagements verbaux» de la part du patron de Mittal.

«On va poursuivre notre analyse d'une manière rationnelle, sereine, en faisant appel à des conseillers extérieurs pour se forger une opinion dans les jours et semaines qui viennent», a-t-il dit. «Nous sommes certainement partis pour un débat qui va durer jusqu'au mois d'avril si pas au début du mois de mai», a noté le dirigeant socialiste, selon qui l'affaire touche environ 15 000 emplois en Belgique.