Le marché américain du travail s'est renforcé en janvier

Washington — Le taux de chômage aux États-Unis est tombé à son niveau le plus bas depuis plus de quatre ans en janvier, à 4,7 % de la population active, tandis que l'économie continuait de créer des emplois, ce qui confirme une amélioration du marché du travail après un automne difficile.

Si les 193 000 emplois créés en janvier ont certes été inférieurs aux 250 000 attendus, les économistes ont néanmoins salué ce rapport mensuel considéré par beaucoup comme une bonne nouvelle pour l'économie américaine.

D'abord, les 193 000 créations d'emplois sont dans le haut de la fourchette des 150 000 à 200 000 créations de postes qui garantissent que la croissance de la population active est absorbée. Surtout, le taux de chômage a atteint son plus bas niveau depuis juillet 2001 (4,7 % de la population active), après être déjà passé sous la barre des 5 % le mois précédent (4,9 %).

Pour Stephen Gallagher, de la Société Générale à New York, ce taux de chômage ainsi que l'amélioration de la confiance des consommateurs, ressortant des derniers indices, démontrent que les États-Unis s'acheminent vers «une période d'emploi plus solide».

«Ce rapport est très bon. Il suggère que les entreprises aux États-Unis vont plutôt bien et qu'elles s'attendent à voir la croissance rester soutenue» en 2006, a également estimé Drew Matus, économiste chez Lehman Brothers.

Intervenant sur la chaîne de télévision Fox News, le secrétaire au Trésor, John Snow, a jugé que le taux de chômage de 4,7 % constituait «une nouvelle formidable» et «un indicateur très positif quant à la solidité du marché du travail». La Maison-Blanche a fait valoir, de son côté, que ce taux de chômage était «inférieur à la moyenne des années 1970, 1980 et 1990».

Autre point favorable selon les analystes, la baisse de la part des Américains sans emploi n'ayant pas travaillé depuis au moins 27 semaines: elle est tombée à 16,3 % contre 18,2 % en décembre, et 21 % en janvier 2005. «C'est l'un des signes les plus forts de l'amélioration de la situation sur le marché du travail», a estimé Heather Boushey, économiste au Center for Economic and Policy Research à Washington.

Retour à la normale

Les chiffres de janvier confirment le retour à la normale après un automne difficile, en ont déduit les analystes. Dans le sillage des cyclones qui avaient frappé le sud du pays, l'économie américaine avait créé seulement 48 000 emplois en septembre et 37 000 en octobre. Mais les créations de postes ont rebondi en novembre, à 345 000, avant 140 000 en décembre. C'est finalement plus que ce qu'avait estimé le département du Travail initialement (respectivement 305 000 et 108 000 créations).

Cela porte à 229 000 le nombre d'emplois créés en moyenne sur les trois derniers mois.

Drew Matus souligne par ailleurs que la quasi-totalité des secteurs ont enregistré une hausse des créations de postes en janvier. La construction, qui a créé 46 000 postes, a certes bénéficié d'un temps anormalement chaud pour la saison. Mais le tourisme et les loisirs ont aussi compté pour 26 000 créations, l'éducation et la santé pour 39 000, les services aux entreprises pour 24 000.

Seule ombre au tableau, le risque de voir les pressions inflationnistes se développer, préviennent certains économistes. Avec un salaire horaire moyen en hausse de 3,3 % en janvier sur un an, après 3,2 % en décembre, et un taux de chômage descendu à 4,7 %, «les conditions sur le marché du travail se resserrent», ce qui pourrait avoir des «conséquences inflationnistes», explique Stephen Gallagher.

Cette tendance pourrait inquiéter la Réserve fédérale (Fed) et la conduire à encore relever ses taux, aujourd'hui à 4,5 %, dès sa prochaine réunion du 28 mars, préviennent donc les économistes.