Rogers poursuit Bell

Ted Rogers, président et chef de la direction de Rogers Communications. Dans une poursuite déposée hier à Toronto, le câblodistributeur réclame une injonction afin d’empêcher Bell Mobilité de se servir des marques de commerce de Rogers ou d’y
Photo: Jacques Grenier Ted Rogers, président et chef de la direction de Rogers Communications. Dans une poursuite déposée hier à Toronto, le câblodistributeur réclame une injonction afin d’empêcher Bell Mobilité de se servir des marques de commerce de Rogers ou d’y

Rogers communications a intenté une poursuite contre BCE et sa filiale Bell Mobilité hier en leur reprochant le ton agressif de trois publicités que le câblodistributeur voit comme une tentative évidente de torpiller la valeur de ses marques de commerce.

La poursuite, déposée en Cour fédérale à Toronto, ne précise pas les dommages et intérêts réclamés mais demande une injonction afin d'empêcher Bell Mobilité de se servir des marques de commerce de Rogers ou d'y faire allusion.

Une des trois publicités a été diffusée à la télévision et concerne les réseaux sans fil à haute vitesse qu'exploitent Bell et Rogers et dont se servent les utilisateurs d'ordinateurs portatifs ou d'appareils de type Blackberry. Selon la description de la poursuite, on y voit deux personnages, un guépard qui représente Bell et un lièvre qui joue le rôle de Rogers. Une voix hors champ commence par affirmer que le réseau de Bell est cinq fois plus rapide que celui de Rogers. Au début de la course entre les deux animaux, le guépard dévore le lièvre mais s'étouffe et le régurgite. C'est alors qu'apparaît un message écrit selon lequel le réseau de Bell est supérieur.

Cette publicité, affirme Rogers, a été diffusée à l'échelle canadienne sur les ondes de TSN, de Comedy Channel et de Sportsnet, sur les ondes du réseau Global en Ontario et par des stations affiliées à CTV et CBC à Toronto, à Halifax, à Calgary, à Vancouver et à Victoria.

«La publicité du guépard et du lièvre dénigre, discrédite, ternit et déprécie la valeur associée aux marques de commerce de Rogers et au nom de la compagnie», peut-on lire dans la poursuite. Rogers a dit avoir envoyé une lettre demandant à Bell de retirer la publicité, mais il ajoute que son concurrent a répondu en niant toute inconduite et en poursuivant cette campagne.

Il est normal de voir des publicités comparatives à l'occasion, a dit le responsable de la commercialisation de Rogers Sans-Fil, Robert Boynton, en entrevue à la Presse canadienne. «Mais lorsque quelqu'un franchit les limites et tente de déprécier notre marque, qui vaut des milliards et des milliards, trop c'est trop. Il faut faire quelque chose pour arrêter ça.»

Un porte-parole de BCE a indiqué hier que les avocats de l'entreprise désiraient éplucher les documents avant de formuler une opinion.

Les deux autres publicités auxquelles la poursuite fait référence ont été publiées au printemps 2005 dans des quotidiens de l'Ouest canadien. L'une d'elles montre un urinoir au-dessus duquel on peut voir une affiche faisant la promotion d'un forfait de téléphonie sans fil de Bell. L'urinoir est rempli de téléphones cellulaires. L'autre publicité joue sur le même concept, mais l'action se déroule cette fois-ci sur le trottoir, un travailleur municipal s'affairant à balayer des téléphones abandonnés. Ces deux campagnes veulent créer l'impression que ces téléphones abandonnés sont ceux de Rogers, a affirmé la compagnie.

Les deux compagnies sont engagées dans un bras de fer non seulement dans les services sans fil mais aussi en télévision par satellite et numérique, dans l'accès Internet et, tout récemment, en téléphonie résidentielle.

Avec la Presse canadienne