Coût de chauffage - Gaz Métro se voit concurrencer Hydro

Robert Tessier, qui entreprend sa dernière année comme président et chef de la direction de Gaz Métro et qui remplacera l'an prochain Robert Parizeau comme président du conseil, se dit convaincu que, d'ici à quelques années, Gaz Métro sera au coude à coude avec Hydro-Québec pour offrir des prix concurrentiels pour le chauffage des maisons, des commerces et des industries.

Étant donné la réflexion entreprise par le gouvernement du Québec par la voie d'une commission parlementaire sur la problématique et la sécurité énergétique, M. Tessier prédit qu'on en arrivera à la décision d'utiliser «la bonne énergie à la bonne place». À cet égard, selon lui, il ne fait aucun doute que le gaz naturel est l'énergie qui convient le mieux pour le chauffage. L'électricité devrait être utilisée pour la force motrice, l'éclairage et certains procédés industriels. Le Québec, poursuit le président, est probablement le seul endroit sur la planète qui offre autant d'électricité pour le chauffage, et cela à des prix qui aujourd'hui ne correspondent plus au coût de production de cette énergie.

Sans toucher au bloc patrimonial, M. Tessier affirme que le prix de l'électricité va augmenter, alors que celui du gaz naturel, qui est présentement au niveau supérieur dans sa fourchette de prix, va diminuer d'ici quelques années, une fois que le marché se sera stabilisé. Sophie Brochu, vice-présidente exécutive pour la distribution du gaz au Québec, mentionne que le gel des prix de l'électricité pendant plusieurs années a fait en sorte que les consommateurs ont eu «la perception qu'on nageait dans l'électricité, qu'on pouvait en exporter et qu'il y en avait beaucoup». On se rend compte aujourd'hui que ce n'était pas le cas et qu'on doit même importer de l'électricité à un prix qui est parfois supérieur à ce que paient certains consommateurs industriels qui ont les moyens de faire la gestion de leurs achats de manière à profiter de tous les escomptes de volume accordés par la société d'État.

La perception change déjà et Gaz Métro fait tout son possible pour y contribuer par des campagnes de publicité et de marketing. Mme Brochu souligne qu'avec une hausse cette année de 5 % du tarif de l'électricité, l'écart pour le chauffage entre l'électricité et le gaz naturel ne serait plus que de 100 $ par année. Actuellement, l'écart se situerait entre 150 et 175 $, selon les caractéristiques d'une maison moyenne. On sait qu'Hydro-Québec, dans sa demande de hausse de tarif à la Régie de l'énergie, a mentionné avoir besoin d'une hausse de 5,34 % mais qu'elle demandait plutôt une hausse de 3 % en reportant le reste sous forme de prêts à ses clients.

Bénéfice en baisse

Pour le premier trimestre 2006, Gaz Métro a déclaré un bénéfice de 70,8 millions, une baisse de 2 % sur le trimestre correspondant de 2005, qui s'explique par des éléments non récurrents. Les revenus ont atteint 681 millions; il s'agit d'une hausse de 21,4 % provenant d'une augmentation de 48,8 % du prix moyen du gaz de réseau. L'impact de l'achat du gaz est de 40 % sur le prix facturé au client, mais comme les coûts de transport et de distribution sont en baisse, l'augmentation réelle du prix facturé est de l'ordre de 10 %.

Dans le cadre de Rabaska, dont on saura dans un an si les autorités concernées donnent leur aval au projet, Gaz Métro a dépensé six millions en 2005 et prévoit mettre un peu moins cette année, même si au premier trimestre la dépense fut de deux millions.