Google déçoit les attentes de Wall Street

New York — Le groupe Internet américain Google était en forte baisse hier à la Bourse de New York après avoir raté au quatrième trimestre 2005 la cible de bénéfice fixée par les analystes financiers.

Vers la mi-séance, l'action Google perdait 8,7 %, à 395,57 $US, tandis que l'indice Nasdaq cédait 0,21 %. En fin de séance, l'action s'inscrivait en baisse de 6,9 %, à 403,37 $US.

L'action, introduite en Bourse en août 2004 au prix de 85 $US, n'avait pas évolué sous les 400 $US depuis la mi-novembre. Elle a perdu environ 16 % depuis son record en clôture atteint le 11 janvier (471,63 $US).

Alors que Google a publié mardi un bénéfice net annuel presque quadruplé en 2005, les investisseurs se sont concentrés sur une rentabilité moins élevée que prévu au quatrième trimestre, en raison principalement d'un taux d'imposition supérieur de plus de 10 points à ce que le groupe prévoyait.

Ce taux d'imposition a grimpé à 41,8 % au quatrième trimestre, alors qu'il avait été «de 26,9 % en moyenne sur les trois premiers trimestres 2005», a souligné Heath Terry, analyste de Credit Suisse First Boston (CSFB).

Malgré la bonne santé générale du groupe, le seul fait de ne pas combler les attentes de Wall Street en matière de bénéfice s'avérait pénalisant.

«Les perspectives fondamentales n'ont pas changé, peut-être seulement la psychologie», à savoir le sentiment des investisseurs sur Google, a résumé Lauren Rich Fine, de la banque d'affaires Merrill Lynch.

Depuis son entrée en Bourse, Google avait surpris Wall Street chaque trimestre «et pas d'un peu», a ajouté cette analyste, jugeant désormais «cassée» cette constance dans la surperformance.

Sur l'ensemble de 2005, le bénéfice net de Google a bondi de 267 % à 1,465 milliard $US — contre 399,12 millions en 2004 —, pour un chiffre d'affaires en hausse de 92 %, à 6,14 milliards.

«Google reste le meilleur investissement dans le secteur de l'internet selon nous», a poursuivi Heath Terry, de CSFB. «Le bilan présenté [mardi] ne change rien à nos prévisions», a-t-il dit.

La maison de courtage SG Cowen a estimé de son côté que Google va continuer à gagner des parts de marché dans la recherche sur Internet.

Même si ses finances restent très solides, Google a vécu un mois de janvier difficile, avec la requête du ministère américain de la Justice de pouvoir accéder à des listes des résultats des recherches lancées sur son site, dans le cadre de la lutte contre la pornographie. Le jour où Google a exprimé son refus, l'action a chuté de 8,5 %, soit sa plus forte baisse jamais enregistrée jusqu'alors.

Depuis la semaine dernière, l'image du groupe souffre en outre dans l'opinion de la controverse sur l'autocensure pratiquée sur son site chinois, alors que Google a proclamé comme principe fondateur de «ne pas être malfaisant» («Don't be evil»).