Abitibi-Consol reste dans l'encre rouge

Abitibi-Consolidated a triplé sa perte trimestrielle et terminé son exercice 2005 dans l'encre rouge. La compagnie forestière a toutefois indiqué hier qu'elle avait fini de restructurer ses activités et qu'elle entrevoyait enfin des jours un peu meilleurs.

La société inscrit à ses livres une charge de 228 millions de dollars découlant de la fermeture de ses usines de Stephenville, à Terre-Neuve, de Kenora, en Ontario, et de Champneuf, au Québec, ainsi que de la dépréciation de certains actifs au Texas et au Royaume-Uni.

Cette somme, et d'autres ajustements défavorables, ont entraîné une perte de 355 millions, ou 80 ¢ par action, pour les trois mois terminés le 31 décembre. Ce résultat se compare à une perte de 108 millions, ou 24 ¢ par action, à la période correspondante en 2004.

Les ventes de la papetière pour le trimestre ont totalisé 1,31 milliard, soit 400 millions de moins que l'année précédente.

D'après le p.-d.g., John Weaver, la demande en papier journal devrait demeurer relativement faible au cours des mois à venir. L'homme d'affaires prévoit même une diminution d'environ 4 % du tonnage vendu.

Hausse du prix du papier

Les papetières espèrent toutefois profiter d'une hausse du prix du papier, qui se vend actuellement 635 $US la tonne. Selon les analystes financiers, l'augmentation de 40 $US la tonne que tenteront d'imposer les compagnies pourrait contrebalancer en partie la récente appréciation de la devise canadienne.

Abitibi espère récolter enfin le fruit de ses décisions des dernières années. La compagnie s'est débarrassée de ses usines les moins rentables, en plus de réduire de manière importante sa dette à long terme, qui se chiffre à 3,7 milliards.

«Nous demeurerons concentrés et vigilants, faisant ce qui est nécessaire pour rétablir la rentabilité de la société, a insisté M. Weaver. Nous avons amélioré notre bilan et notre situation financière de façon significative et nous nous positionnons afin d'atteindre une plus grande flexibilité financière dans le futur.»

Selon Frédéric Beausoleil, de Valeurs mobilières Desjardins, une amélioration de la situation financière de la compagnie est tout à fait envisageable. «C'est en partie grâce à la baisse de la capacité de production en Amérique du Nord mais aussi grâce au travail effectué par la direction pour réduire les coûts et fermer des actifs non productifs», a-t-il souligné.

Pour l'exercice 2005, la perte d'Abitibi-Consolidated a été de 350 millions, ou 80 ¢ par action, contre une perte de 36 millions, ou 8 ¢ par action, l'année précédente. Ses revenus pour l'année financière ont totalisé 5,34 milliards, comparativement à 5,30 milliards en 2004.

Hier à la Bourse de Toronto, l'action de la société a gagné 16 ¢ pour terminer la séance à 4,51 $. En dépit de cette hausse de 3,7 %, le titre n'a pas regagné le terrain perdu depuis la fin de la semaine dernière. Il valait encore plus 4,70 $ le 30 janvier.