Les mises en chantier s'essoufflent

Ottawa — La Société canadienne d'hypothèques et de logement (SCHL) prévoit que le nombre de mises en chantier dans le secteur de l'habitation diminuera au Canada cette année et l'an prochain.

Selon un rapport de l'agence sur les perspectives du marché de l'habitation publié hier, le nombre de mises en chantier passera de 225 481 en 2005 à 208 700 cette année. Les données provinciales établies par la SCHL indiquent aussi que le Québec suivra cette tendance à la baisse en 2006 et 2007.

En 2007, après avoir franchi la barre des 200 000 pendant cinq années consécutives au pays, le nombre de mises en chantier diminuera à 194 800, prévoit la SCHL.

Selon Bob Dugan, économiste en chef à la SCHL, le marché de l'habitation continuera de fléchir à mesure que la demande de logements pour propriétaire-occupant retrouvera peu à peu des niveaux plus susceptibles de se maintenir. «La forte croissance des prix des habitations et la modeste hausse des taux hypothécaires feront monter les charges de remboursement hypothécaire, ce qui aidera à modérer la construction résidentielle», a-t-il soutenu dans un communiqué accompagnant le rapport.

Ventes de logements existants

La SCHL rappelle qu'en 2005, les ventes de logements existants ont encore battu tous les records, leur nombre s'étant élevé à 481 900. «Cependant, l'activité ralentira sur le marché de la revente, puisqu'on prévoit 461 500 transactions cette année et 444 000 autres en 2007.»

Le taux de progression des prix en fera autant, après s'être hissé en 2005 à son plus haut niveau des 16 dernières années. Il descendra, prévoit la SCHL, à mesure que les marchés de revente se rapprocheront de leur point d'équilibre. En 2005, les prix ont augmenté de 10 %; en 2006, selon la SCHL, ils n'augmenteront que de 5,5 %, et de 3,8 % en 2007.

Le prix de vente moyen des habitations, fourni par le Service interagences, augmentera encore dans les deux prochaines années. Il atteignait 248 900 $ en 2005, mais grimpera à 262 700 $ en 2006 et à 272 600 $ en 2007, selon les estimations.

En ce qui a trait aux pronostics ventilés par province, la construction résidentielle faiblira au Québec au cours des deux prochaines années: de 50 910 en 2005, les mises en chantier passeront à 43 000 en 2006, et 38 500 en 2007, principalement en raison de la stagnation de l'économie et de la légère hausse des taux d'intérêt.

Même décrue prévue en Ontario, où l'agence estime que la baisse se chiffrera à coups de 5000, de 78 795 (2005) à 73 800 (2006), puis à 68 000 (2007). En fait, seuls le Manitoba et la Saskatchewan devraient enregistrer deux hausses annuelles consécutives.