Les fusions bancaires attendront

Ottawa — Il est très peu probable que le prochain gouvernement minoritaire conservateur soit davantage disposé que les précédentes administrations à donner le feu vert aux fusions de grandes banques, affirme le ministre libéral des Finances, Ralph Goodale.

Ni les députés fédéraux ni la majeure partie des gens d'affaires, et pas davantage la population, n'ont paru très intéressés à ce que les grandes institutions bancaires du pays fusionnent leurs activités, a indiqué M. Goodale en entrevue hier.

«Bien franchement, je n'ai pas» eu le sentiment, ces dernières années, qu'il y ait eu une volonté à compléter la législation devant permettre aux plus importantes banques canadiennes de lier leurs destinées par le biais de fusions, a déclaré M. Goodale, dont les libéraux, minoritaires, ont été défaits par les conservateurs lors des élections fédérales du 23 janvier. M. Goodale quittera son poste la semaine prochaine, une fois que les membres du nouveau cabinet conservateur auront prêté serment.

Les luttes de la dernière session parlementaire — lors de laquelle les libéraux minoritaires se sont frottés sans ménagement aux conservateurs, néo-démocrates et bloquistes de l'opposition — ont également rendu difficile la mise en avant de quelque législation controversée que ce soit, a ajouté le ministre.

«De la façon dont je voyais le dernier parlement, il n'y avait tout simplement pas l'ambiance [...] qui aurait favorisé des discussions constructives», a observé M. Goodale. «Ma conclusion était que le système financier du pays était tout simplement trop important pour être approché telle une partie de football politique, dans le contexte très amer d'un gouvernement minoritaire.»

Le document fédéral précisant les dernières règles relatives aux fusions a été en cours de préparation pendant plusieurs années — en fait depuis que Paul Martin, alors ministre des Finances, a rejeté deux projets de fusion, à la fin de 1998.